FMI : Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et en Asie centrale

Les pays des régions Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) et Caucase et Asie centrale (CAC) ont réagi à la pandémie de COVID-19 en prenant rapidement des mesures strictes afin d’en atténuer la propagation et les répercussions, mais continuent de faire face à un environnement incertain et difficile. Les pays exportateurs de pétrole ont été particulièrement touchés par le double choc des retombées économiques des confinements et de la chute de la demande et des prix du pétrole. Dans l’immédiat, il reste prioritaire de maitriser la crise sanitaire, d’atténuer les pertes de revenus et d’accroître les dépenses sociales. Cependant, les pouvoirs publics doivent aussi commencer à poser les jalons de la reprise et de la remise en place d’économies plus solides, notamment en s’attaquant aux séquelles de la crise et en renforçant l’inclusion.

Évolutions régionales et perspectives

Bien que la pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) touche encore l’ensemble de la région, les pays rouvrent avec précaution leur économie. Les mesures sanitaires nécessaires pour endiguer la pandémie ont fortement réduit la mobilité et ont un coût économique élevé. En conséquence, le PIB réel de la région devrait se contracter de 4,1 % en 2020, soit un repli de 1,3 point de pourcentage supplémentaire par rapport aux prévisions d’avril 2020. Sur fond de reprise mondiale timide, les perspectives risquent encore d’être révisées à la baisse tandis que les pays demeurent aux prises avec la pandémie. La mobilisation de ressources appropriées pour les systèmes de santé et le bon ciblage des programmes d’aide constituent deux objectifs immédiats. Au cours des mois à venir, les gouvernements et les dirigeants devront continuer d’agir résolument pour préserver l’emploi, fournir des liquidités aux entreprises et aux ménages, protéger les populations pauvres, et mettre en oeuvre une feuille de route économique conçue avec soin, ouvrant la voie à la reprise. Les pays qui disposent d’un espace budgétaire réduit devront prendre des mesures additionnelles pour remédier aux vulnérabilités urgentes, afin d’assurer une reprise en douceur, tout en préservant la viabilité macroéconomique.

Panser les plaies économiques de la crise

La pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19) pourrait avoir des répercussions économiques plus profondes et plus persistantes que les récessions précédentes dans la région Moyen-Orient et Asie centrale (MOAC). En effet, les caractéristiques uniques d’un choc mondial provoqué par la pandémie se sont heurtées aux vulnérabilités de longue date de la région. La forte exposition de la région à un secteur des services (tourisme y compris) rudement touché, les tensions sur les bilans des entreprises, la faible capacité à travailler à distance et la dépendance à l’égard des envois de fonds vont fortement peser sur les perspectives de reprise. Le PIB réel dans la région pourrait demeurer au-dessous des tendances d’avant-crise pendant une décennie. La pandémie restant active, les dirigeants doivent trouver un équilibre entre préservation des moyens de subsistance, atténuation des séquelles de la crise et promotion de la reprise sans entraver le nécessaire redéploiement de ressources. À moyen terme, il sera fondamental que les pays de la région reconstituent des marges de manoeuvre afin de se protéger contre les chocs à venir.

Tensions budgétaires liées à la pandémie

La pandémie de coronavirus (COVID-19) a obligé tous les pays à adopter des mesures budgétaires d’envergure, avec pour conséquences l’assouplissement budgétaire synchronisé le plus marqué dans les pays importateurs de pétrole et un assouplissement considérable dans les pays exportateurs de pétrole. L’ampleur de ces mesures budgétaires a cependant été légèrement inférieure à celles prises par d’autres pays émergents et pays en développement, pour certains du fait qu’ils jouissaient de systèmes de santé et de protection sociale déjà solides, et pour d’autres car leur marge de manoeuvre budgétaire était limitée. Certes, les mesures d’urgence ont eu une importance cruciale, mais conjuguées à une baisse marquée des recettes, elles vont accroître les besoins de financement de la région. Une hausse de la dette et des déficits réduira l’espace budgétaire et mettra la région à la merci d’une recrudescence du virus et, dans certains pays, créera une dynamique insoutenable de la dette. Ces répercussions négatives sont quelque peu atténuées par une baisse des coûts d’emprunt, résultat du vaste assouplissement de la politique monétaire dans les principaux pays avancés et de la hausse des financements officiels. Néanmoins, même s’ils prenaient des mesures de rééquilibrage de référence ambitieuses, qui ne seraient toutefois pas inédites, les pays ne devraient pas retrouver le niveau de dette qu’ils avaient avant la pandémie. Face aux vulnérabilités budgétaires accrues, les autorités devraient atténuer les risques budgétaires en élaborant des cadres budgétaires à moyen terme, en adoptant des règles budgétaires et en renforçant la gestion de la dette. Dans le même temps, ils doivent s’efforcer d’accroître leur espace budgétaire, par exemple en renforçant l’observance fiscale, en accroissant la progressivité des systèmes fiscaux et en rendant les dépenses plus efficientes, notamment par une amélioration de la gouvernance et une suppression progressive des subventions aux carburants. Ce faisant, les décideurs doivent également s’employer à favoriser une reprise inclusive en consolidant les dispositifs de protection sociale et en privilégiant les dépenses consacrées à la santé, à l’éducation et aux reconversions professionnelles.

Stabilité financière en pleine pandémie

Les banques de la région Moyen-Orient et Asie centrale (MOAC) ont débuté l’année dans une position généralement solide, mais la crise sans précédent provoquée par la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19) pourrait déclencher une augmentation notable des défauts de paiement et des prêts improductifs. Selon les résultats d’un exercice simplifié de test de résistance, le coût potentiel d’une dépréciation des actifs pour les pays de la région pourrait atteindre 190 milliards de dollars. Dans cet exercice, la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) est particulièrement touchée : les pays exportateurs de pétrole essuient les plus lourdes pertes, tandis que dans plusieurs pays importateurs de pétrole, les fonds propres des banques tombent en-deçà des normes réglementaires minimales. Les systèmes bancaires de la région Caucase et Asie centrale (CAC) sont plus résilients, grâce à des niveaux initiaux de fonds propres plus élevés et de faibles crédits au secteur privé. Jusqu’à présent, des mesures de soutien au secteur financier ont permis d’éviter qu’un certain nombre de risques financiers à court terme se concrétisent, notamment certains des pires résultats mis en évidence par le test de résistance, et ont contribué à favoriser l’octroi de crédits. À l’avenir, les autorités devront minutieusement concilier offre continue de crédit et préservation de la stabilité financière. Avec l’atténuation progressive de la pandémie, leurs priorités devront consister à supprimer l’assouplissement des réglementations, renforcer la surveillance et continuer d’améliorer l’inclusion financière, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME), en vue de stimuler une croissance inclusive.

Téléchargez le rapport
https://www.imf.org/fr/Publications/REO/MECA/Issues/2020/10/14/regional-economic-outlook-menap-cca#ch1

Virginie Gastine Menou
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