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Interview de Sandrine Richard, Directeur de l’Ethique et de la Diplomatie des Affaires chez Cristal Group International

Texte sous l'image (ex: Copyright, etc.)

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire comment êtes-vous arrivée en compliance ?

Avocat de profession, j’ai toujours été particulièrement attirée et passionnée par la géopolitique, les affaires publiques, le droit et l’intelligence économique. J’ai toujours été opposée au travail en silo que ce soit dans le secteur public ou le secteur privé.

J’ai connu la compliance ou plutôt la lutte contre la corruption par le biais d’Ethic Intelligence et notamment par son Président Philippe MONTIGNY.  J’ai compris que lutter contre la corruption ne pouvait être appréhendé sans la réunion de plusieurs matières et d’un écosystème varié : les relations internationales, l’intelligence économique, la politique internationale et le droit.

J’ai donc passé une certification à Washington DC avec Ethic Intelligence afin d’être expert et auditeur dans la norme ISO 37001.

Durant plusieurs années, j’ai dispensé des formations pour des organisations internationales dans plusieurs pays (Jordanie, Liban, Qatar, territoires palestiniens…) J’ai accompagné des entreprises dans l’implémentation de la norme et dans la sensibilisation face à ce nouvel outil de guerre économique.

J’ai également participé à de nombreuses conférences internationales concernant ce sujet (Koweït, Miami, Liban, Qatar, EUA, Afrique et Canada).

C’est donc naturellement que j’ai décidé de suivre la formation diplômante à l’INHESJ « Intelligence économique et protection des entreprises » afin de compléter ma formation et de comprendre les enjeux sous-jacents à la lutte contre la corruption. Je préside d’ailleurs aujourd’hui la Commission Stratégie de l’ANA-INHESJ.

Depuis le 1er septembre 2021, j’ai rejoint la société d’intelligence économique Cristal Group International afin de diriger et développer le département Éthique des Affaires et Diplomatie d’affaires.

 

Tous nos lecteurs ne connaissent peut-être pas CRISTAL GROUP INTERNATIONAL, pouvez-vous expliquer son cœur de métier ?

Expert de l’enquête financière, du renseignement d’affaires et de la cyber sécurité, Cristal Group International sécurise vos décisions et vos données et vous accompagne dans vos développements stratégiques partout dans le monde. Nous sommes un groupe totalement indépendant et nous intervenons à travers nos 10 filiales à travers le monde entier.

 

Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs, quel est le rôle de la compliance dans votre entreprise ?

Je souhaite faire de la compliance un avantage concurrentiel pour nos clients plutôt que de la subir. La conformité́ doit être un avantage compétitif. La conformité (ou compliance), entendue comme un moyen de constituer un avantage compétitif, est un sujet qui a longtemps été mal perçu par le monde des affaires en France.

La compliance n’est pas restreinte à un département. La compliance est un outil de lutte contre la corruption et par sa finalité même, cet objectif transcende chaque département : l’Intelligence économique, et stratégique, la cyber sécurité et la diplomatie d’affaires. Il s’agit d’un outil de bonne gouvernance, de transparence et ne peut se concevoir comme spécifique à un département. Nous travaillons tous ensemble et non en silo, ce qui est une véritable difficulté dans notre système. Nous identifions, partageons et analysons l’information ensemble. Ainsi, par ce travail en équipe, nous pouvons parvenir à une parfaite complémentarité dans le partage des compétences et dans l’efficacité pour nos clients.

Cristal Group International perçoit la lutte contre la corruption comme une véritable politique intrinsèque à notre société et non comme un objectif à atteindre. Il y’a une « tolérance 0 » face à la corruption. L’accompagnement « sur-mesure » de nos clients dans la mise en place d’une véritable politique de compliance est nécessaire afin de les aider à comprendre les enjeux (compétitivité) et de les aider à appréhender au mieux les obligations internationales notamment l’extraterritorialité (FCPA, UKAB, OECD) et la loi Sapin II.

Ainsi, le but dans notre entreprise est de répondre aux réalités opérationnelles tout en se conformant aux exigences légales.

Comment appréhendez-vous la compliance chez CRISTAL GROUP INTERNATIONAL? 

Je n’ai pas d’équipe dédiée. Le département Éthique des affaires est récent. Comme indiqué précédemment, il est en cours de développement.

La Compliance, chez Cristal, est l’affaire de tous et je peux compter sur le soutien sans faille de notre CEO, Kevin RIVATON comme de l’ensemble de l’équipe.

L’écosystème dont la géopolitique, doit être bien cerné en amont. Appliqué à la conformité́, il conduit à s’interroger sur l’émergence de la notion même de responsabilité́ des entreprises puisque la notion même de conformité́ dépasse la seule dimension juridique, tout au moins dans sa dimension nationale.

Les Etats-Unis ont été́ les premiers à comprendre combien ils pouvaient instrumentaliser leur puissance économique à des fins réglementaires, construisant ainsi à ce que certains nomment un soft power juridique.. La responsabilisation des entreprises sur un certain nombre de sujets qui conduira à la montée en puissance de la « compliance » aux Etats-Unis, a conduit à la constitution d’un véritable écosystème en amont et en aval de la mise en place de réglementations nouvelles.

La dimension extraterritoriale de la réglementation américaine s’est d’une part élargie avec la possibilité́ de poursuivre une entreprise à partir du moment où elle utilise le dollar ou des moyens de communication transitant par les Etats- Unis (Alstom). Elle a conduit, d’autre part, à engager des poursuites à l’encontre d’entreprises étrangères de manière beaucoup plus systématique que par le passé, conduisant à une amplification des sanctions financières comme le cas de la lutte contre la corruption avec les sanctions FCPA et du régime de sanctions avec les sanctions OFAC.

Tous ces facteurs ont conduit à une amplification de la conformité́ au sein des entreprises. Il convient ainsi selon mon expérience de mettre en place une diplomatie « intellectuelle » mais également « opérationnelle » afin d’appréhender au mieux ces nouvelles obligations.

Au sein de Cristal Group International, j’ai accès à une autonomie qui permet de mettre en œuvre ma vision de la compliance, à savoir offrir aux clients en collaboration avec les autres départements un accompagnement sur-mesure qui commence de la sensibilisation à des audits blancs en vue d’une certification. L’objectif étant de leur garantir les outils les plus efficaces afin de lutter contre la corruption mais également prévenir leur responsabilité face aux sanctions judiciaires. Par ailleurs, ma conception de la compliance ne peut se concevoir sans l’identification et l’analyse de l’information, le cœur même de « l’intelligence économique ».

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos relations avec les régulateurs ? 

Dans le cadre de mon expertise, j’ai développé des relations avec l’AFA, l’OCDE et d’autres organismes. J’interviens également à l’INHESJ afin de former les auditeurs sur les dangers de la corruption et leur donner des outils qui peuvent se combiner à l’intelligence économique (cartographie des risques).

Les relations avec différents régulateurs sont ainsi souvent des moments de réflexions dans le processus de normalisation.

Comment sensibilisez- vous au sein de votre entreprise les collaborateurs aux enjeux de la compliance ? 

Les collaborateurs sont déjà sensibilisés aux enjeux de la compliance par le cœur même de métiers de la société. Enfin, comme j’ai pu l’indiquer, nous travaillons tous ensemble donc je suis sensibilisée également aux enjeux de cyber sécurité et vice-versa. Nous sommes une équipe soudée. On s’enrichit à travers nos propres compétences que l’on partage. Notre Directeur commercial est un des premiers à s’être formé aux enjeux de compliance !

En tant que manager, gardez-vous un rôle également opérationnel au sein de votre équipe ? 

Oui ! Nous offrons du sur-mesure donc en cas de besoin, je me déplace moi-même. Je m’occupe de l’élaboration de la cartographie des risques, des formations, des conseils etc. La compliance correspond aussi à une réalité industrielle. Il faut vraiment être très opérationnel. C’est aussi mon caractère : la « Human Touch » et la relation personnelle est très importante dans la sensibilisation et la politique de compliance ! Au-delà d’un savoir-faire, c’est aussi un savoir-être…Et du « sur-mesure » : donc connaître les besoins et la manière de fonctionner de nos clients afin de s’adapter à chacun.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ? 

La liberté d’action.

La combinaison de différentes « matières ». Cette possibilité qui est offerte de pouvoir protéger nos clients et notre souveraineté industrielle qui transcende la simple question de compliance. Le travail en équipe, le partage des compétences et l’enrichissement quotidien.

La question inévitable du moment : quels sont les impacts du covid sur votre activité ? 

Concernant le covid, la seule problématique dans mon domaine est d’attirer l’attention sur l’augmentation de la corruption en ces temps de pandémie notamment par le biais d’Internet. Il convient d’alerter également certains à ces risques et certaines entreprises se trouvant dans une zone géographique déjà à risques (falsification des médicaments et produits médicamenteux : ex : trafic masques, vaccins, blouses etc). La santé et l’industrie pharmaceutique sont particulièrement vulnérables. A ce sujet, j’ai co-rédigé un article avec Drago Kos et James Wassertrom qui a été publié par l’IACA : (https://www.iaca.int/media/attachments/2020/07/14/drago-kos-joint-paper-fighting-corruption-in-the-time-of-covid-19-final-for-publishing.pdf)

Le Brexit a-t-il eu des impacts sur votre activité ? 

Non la société n’a pas ressenti de conséquence du BREXIT et cela ne change rien à ce jour.

Le premier code de la compliance est paru cette année chez Dalloz ; qu’en pensez-vous

C’est un outil pratique et donc un gain de temps. Il permet de rassembler les différents principes de la compliance. Le droit de la compliance est transversal. Cette codification permet ainsi de simplifier et de pouvoir réunir tous les concepts de la compliance. Cependant, il devra être perfectible et s’adapter aux différentes évolutions.

Quels sont les prochains enjeux compliance pour vous ? 

Les enjeux sont liés à l’interaction entre les risques de la cyber, de la santé, et les facteurs humains. L’enjeu critique pour les entreprises sera donc la bonne gestion des risques, avec en bonne place le risque juridique.

Vous êtes à la fois directeur de l’éthique et directeur de la diplomatie ; est-ce que cela change quelque chose dans votre approche de la compliance ? 

Pas du tout, cela renforce l’effectivité de la compliance et permet de rappeler et de réaffirmer l’intégrité des affaires. L’Éthique des affaires prend ainsi tout son sens.

L’accompagnement de nos clients dans le développement de leurs affaires est bien plus compétitif dans la mesure où l’éthique est au cœur même de mon expertise. Le client est ainsi doublement protégé

Comment assurez-vous votre veille réglementaire sur la compliance ?

Outils standard de veille et mes réseaux d’experts en Europe et Etats-Unis.

Quels sont les prochains experts que l’on devrait interviewer selon vous ?

  • Philippe Montigny, President at CIRCE Finance – Center for International Research on Compliance, Ethics and Finance (Think Tank)
  • Lorenzo Salazar, Procureur général adjoint du procureur général près la Cour d’appel de Naples, VP du Group Anti-Bribery OECD
  • Drago Kos, Chairman du Group Anti-Bribery OECD
  • Martin Kreutner, Président honoraire de l’IACA
  • Richard Bistrong, FCPA, Anti-Bribery, Ethics & Compliance Consultant 

Pour finir, quelle est votre définition de la compliance ? 

La bonne information au service de l’action afin de protéger nos entreprises. L’éthique qui vient du grec « ethos » signifie « manière d’être, de vivre ». Donc, la compliance est simplement un des critères qui définit l’intégrité. Il faut s’appliquer à être intègre dans les affaires au sens général (éthique scientifique, éducatif, politique) et dans sa vie personnelle. Il en va de l’avenir de notre société.

p/o Virginie Gastine Menou

RISQUES ET VOUS

http://www.risquesetvous.fr/

https://www.linkedin.com/company/risques-et-vous

 

 

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Publié le 13 décembre 2021 par

Virginie GASTINE MENOU

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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire comment êtes-vous arrivée en compliance ?

Avocat de profession, j’ai toujours été particulièrement attirée et passionnée par la géopolitique, les affaires publiques, le droit et l’intelligence économique. J’ai toujours été opposée au travail en silo que ce soit dans le secteur public ou le secteur privé.

J’ai connu la compliance ou plutôt la lutte contre la corruption par le biais d’Ethic Intelligence et notamment par son Président Philippe MONTIGNY.  J’ai compris que lutter contre la corruption ne pouvait être appréhendé sans la réunion de plusieurs matières et d’un écosystème varié : les relations internationales, l’intelligence économique, la politique internationale et le droit.

J’ai donc passé une certification à Washington DC avec Ethic Intelligence afin d’être expert et auditeur dans la norme ISO 37001.

Durant plusieurs années, j’ai dispensé des formations pour des organisations internationales dans plusieurs pays (Jordanie, Liban, Qatar, territoires palestiniens…) J’ai accompagné des entreprises dans l’implémentation de la norme et dans la sensibilisation face à ce nouvel outil de guerre économique.

J’ai également participé à de nombreuses conférences internationales concernant ce sujet (Koweït, Miami, Liban, Qatar, EUA, Afrique et Canada).

C’est donc naturellement que j’ai décidé de suivre la formation diplômante à l’INHESJ « Intelligence économique et protection des entreprises » afin de compléter ma formation et de comprendre les enjeux sous-jacents à la lutte contre la corruption. Je préside d’ailleurs aujourd’hui la Commission Stratégie de l’ANA-INHESJ.

Depuis le 1er septembre 2021, j’ai rejoint la société d’intelligence économique Cristal Group International afin de diriger et développer le département Éthique des Affaires et Diplomatie d’affaires.

Tous nos lecteurs ne connaissent peut-être pas CRISTAL GROUP INTERNATIONAL, pouvez-vous expliquer son cœur de métier ?

Expert de l’enquête financière, du renseignement d’affaires et de la cyber sécurité, Cristal Group International sécurise vos décisions et vos données et vous accompagne dans vos développements stratégiques partout dans le monde. Nous sommes un groupe totalement indépendant et nous intervenons à travers nos 10 filiales à travers le monde entier.

Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs, quel est le rôle de la compliance dans votre entreprise ?

Je souhaite faire de la compliance un avantage concurrentiel pour nos clients plutôt que de la subir. La conformité́ doit être un avantage compétitif. La conformité (ou compliance), entendue comme un moyen de constituer un avantage compétitif, est un sujet qui a longtemps été mal perçu par le monde des affaires en France.

La compliance n’est pas restreinte à un département. La compliance est un outil de lutte contre la corruption et par sa finalité même, cet objectif transcende chaque département : l’Intelligence économique, et stratégique, la cyber sécurité et la diplomatie d’affaires. Il s’agit d’un outil de bonne gouvernance, de transparence et ne peut se concevoir comme spécifique à un département. Nous travaillons tous ensemble et non en silo, ce qui est une véritable difficulté dans notre système. Nous identifions, partageons et analysons l’information ensemble. Ainsi, par ce travail en équipe, nous pouvons parvenir à une parfaite complémentarité dans le partage des compétences et dans l’efficacité pour nos clients.

Cristal Group International perçoit la lutte contre la corruption comme une véritable politique intrinsèque à notre société et non comme un objectif à atteindre. Il y’a une « tolérance 0 » face à la corruption. L’accompagnement « sur-mesure » de nos clients dans la mise en place d’une véritable politique de compliance est nécessaire afin de les aider à comprendre les enjeux (compétitivité) et de les aider à appréhender au mieux les obligations internationales notamment l’extraterritorialité (FCPA, UKAB, OECD) et la loi Sapin II.

Ainsi, le but dans notre entreprise est de répondre aux réalités opérationnelles tout en se conformant aux exigences légales.

Comment appréhendez-vous la compliance chez CRISTAL GROUP INTERNATIONAL? 

Je n’ai pas d’équipe dédiée. Le département Éthique des affaires est récent. Comme indiqué précédemment, il est en cours de développement.

La Compliance, chez Cristal, est l’affaire de tous et je peux compter sur le soutien sans faille de notre CEO, Kevin RIVATON comme de l’ensemble de l’équipe.

L’écosystème dont la géopolitique, doit être bien cerné en amont. Appliqué à la conformité́, il conduit à s’interroger sur l’émergence de la notion même de responsabilité́ des entreprises puisque la notion même de conformité́ dépasse la seule dimension juridique, tout au moins dans sa dimension nationale.

Les Etats-Unis ont été́ les premiers à comprendre combien ils pouvaient instrumentaliser leur puissance économique à des fins réglementaires, construisant ainsi à ce que certains nomment un soft power juridique.. La responsabilisation des entreprises sur un certain nombre de sujets qui conduira à la montée en puissance de la « compliance » aux Etats-Unis, a conduit à la constitution d’un véritable écosystème en amont et en aval de la mise en place de réglementations nouvelles.

La dimension extraterritoriale de la réglementation américaine s’est d’une part élargie avec la possibilité́ de poursuivre une entreprise à partir du moment où elle utilise le dollar ou des moyens de communication transitant par les Etats- Unis (Alstom). Elle a conduit, d’autre part, à engager des poursuites à l’encontre d’entreprises étrangères de manière beaucoup plus systématique que par le passé, conduisant à une amplification des sanctions financières comme le cas de la lutte contre la corruption avec les sanctions FCPA et du régime de sanctions avec les sanctions OFAC.

Tous ces facteurs ont conduit à une amplification de la conformité́ au sein des entreprises. Il convient ainsi selon mon expérience de mettre en place une diplomatie « intellectuelle » mais également « opérationnelle » afin d’appréhender au mieux ces nouvelles obligations.

Au sein de Cristal Group International, j’ai accès à une autonomie qui permet de mettre en œuvre ma vision de la compliance, à savoir offrir aux clients en collaboration avec les autres départements un accompagnement sur-mesure qui commence de la sensibilisation à des audits blancs en vue d’une certification. L’objectif étant de leur garantir les outils les plus efficaces afin de lutter contre la corruption mais également prévenir leur responsabilité face aux sanctions judiciaires. Par ailleurs, ma conception de la compliance ne peut se concevoir sans l’identification et l’analyse de l’information, le cœur même de « l’intelligence économique ».

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos relations avec les régulateurs ? 

Dans le cadre de mon expertise, j’ai développé des relations avec l’AFA, l’OCDE et d’autres organismes. J’interviens également à l’INHESJ afin de former les auditeurs sur les dangers de la corruption et leur donner des outils qui peuvent se combiner à l’intelligence économique (cartographie des risques).

Les relations avec différents régulateurs sont ainsi souvent des moments de réflexions dans le processus de normalisation.

Comment sensibilisez- vous au sein de votre entreprise les collaborateurs aux enjeux de la compliance ? 

Les collaborateurs sont déjà sensibilisés aux enjeux de la compliance par le cœur même de métiers de la société. Enfin, comme j’ai pu l’indiquer, nous travaillons tous ensemble donc je suis sensibilisée également aux enjeux de cyber sécurité et vice-versa. Nous sommes une équipe soudée. On s’enrichit à travers nos propres compétences que l’on partage. Notre Directeur commercial est un des premiers à s’être formé aux enjeux de compliance !

En tant que manager, gardez-vous un rôle également opérationnel au sein de votre équipe ? 

Oui ! Nous offrons du sur-mesure donc en cas de besoin, je me déplace moi-même. Je m’occupe de l’élaboration de la cartographie des risques, des formations, des conseils etc. La compliance correspond aussi à une réalité industrielle. Il faut vraiment être très opérationnel. C’est aussi mon caractère : la « Human Touch » et la relation personnelle est très importante dans la sensibilisation et la politique de compliance ! Au-delà d’un savoir-faire, c’est aussi un savoir-être…Et du « sur-mesure » : donc connaître les besoins et la manière de fonctionner de nos clients afin de s’adapter à chacun.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ? 

La liberté d’action.

La combinaison de différentes « matières ». Cette possibilité qui est offerte de pouvoir protéger nos clients et notre souveraineté industrielle qui transcende la simple question de compliance. Le travail en équipe, le partage des compétences et l’enrichissement quotidien.

La question inévitable du moment : quels sont les impacts du covid sur votre activité ? 

Concernant le covid, la seule problématique dans mon domaine est d’attirer l’attention sur l’augmentation de la corruption en ces temps de pandémie notamment par le biais d’Internet. Il convient d’alerter également certains à ces risques et certaines entreprises se trouvant dans une zone géographique déjà à risques (falsification des médicaments et produits médicamenteux : ex : trafic masques, vaccins, blouses etc). La santé et l’industrie pharmaceutique sont particulièrement vulnérables. A ce sujet, j’ai co-rédigé un article avec Drago Kos et James Wassertrom qui a été publié par l’IACA : (https://www.iaca.int/media/attachments/2020/07/14/drago-kos-joint-paper-fighting-corruption-in-the-time-of-covid-19-final-for-publishing.pdf)

Le Brexit a-t-il eu des impacts sur votre activité ? 

Non la société n’a pas ressenti de conséquence du BREXIT et cela ne change rien à ce jour.

Le premier code de la compliance est paru cette année chez Dalloz ; qu’en pensez-vous

C’est un outil pratique et donc un gain de temps. Il permet de rassembler les différents principes de la compliance. Le droit de la compliance est transversal. Cette codification permet ainsi de simplifier et de pouvoir réunir tous les concepts de la compliance. Cependant, il devra être perfectible et s’adapter aux différentes évolutions.

Quels sont les prochains enjeux compliance pour vous ? 

Les enjeux sont liés à l’interaction entre les risques de la cyber, de la santé, et les facteurs humains. L’enjeu critique pour les entreprises sera donc la bonne gestion des risques, avec en bonne place le risque juridique.

Vous êtes à la fois directeur de l’éthique et directeur de la diplomatie ; est-ce que cela change quelque chose dans votre approche de la compliance ? 

Pas du tout, cela renforce l’effectivité de la compliance et permet de rappeler et de réaffirmer l’intégrité des affaires. L’Éthique des affaires prend ainsi tout son sens.

L’accompagnement de nos clients dans le développement de leurs affaires est bien plus compétitif dans la mesure où l’éthique est au cœur même de mon expertise. Le client est ainsi doublement protégé

Comment assurez-vous votre veille réglementaire sur la compliance ?

Outils standard de veille et mes réseaux d’experts en Europe et Etats-Unis.

Quels sont les prochains experts que l’on devrait interviewer selon vous ?

  • Philippe Montigny, President at CIRCE Finance – Center for International Research on Compliance, Ethics and Finance (Think Tank)
  • Lorenzo Salazar, Procureur général adjoint du procureur général près la Cour d’appel de Naples, VP du Group Anti-Bribery OECD
  • Drago Kos, Chairman du Group Anti-Bribery OECD
  • Martin Kreutner, Président honoraire de l’IACA
  • Richard Bistrong, FCPA, Anti-Bribery, Ethics & Compliance Consultant 

Pour finir, quelle est votre définition de la compliance ? 

La bonne information au service de l’action afin de protéger nos entreprises. L’éthique qui vient du grec « ethos » signifie « manière d’être, de vivre ». Donc, la compliance est simplement un des critères qui définit l’intégrité. Il faut s’appliquer à être intègre dans les affaires au sens général (éthique scientifique, éducatif, politique) et dans sa vie personnelle. Il en va de l’avenir de notre société.

p/o Virginie Gastine Menou

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