Interview : Lydia Méziani, directeur juridique en charge de la compliance, des droits humains et de l’éthique chez Nestlé

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire comment vous êtes arrivée en compliance ? 

Lydia Méziani, je suis directrice juridique en charge de la conformité, des droits humains et de l’éthique chez Nestlé. J’ai fait des études de droit et de science politique. J’ai débuté ma carrière au parlement, j’y ai passé 7 ans. Je me suis ensuite orientée vers le secteur privé pour deux raisons : l’arrivée de mon enfant et l’envie d’avoir mon « principe de réalité ». En effet, lorsque j’ai quitté l’école j’ai été promue à 23 ans comme conseillère du président du Sénat mais je tenais à garder les pieds sur terre et j’avais envie de connaitre mon réel potentiel. Je me suis donc dirigée vers le secteur privé car j’en avais une vision caricaturale à savoir que dans le privé on vous signifie très rapidement que vous n’êtes pas au niveau, avec un accent fort mis sur la performance. J’ai intégré Nestlé il y a 13 ans. Tout d’abord pour mettre en place, aux côtés d’une Directrice générale, la direction de la communication, des affaires publiques et des relations extérieures. Et en parallèle, en qualité de déléguée du Pôle Agir, pour développer le plan d’actions de la Fondation Nestlé dédiée à la transmission de la culture alimentaire française qui venait juste d’être créée par le Président de l’époque. 

Quand on vient du monde politique, la passerelle évidente passe bien souvent par les affaires publiques. Ensuite au bout de 5 ans, on m’a proposé de rejoindre le groupe en Suisse pour être porte-parole,grâce à mon expertise en conduite du changement. J’ai donc été en charge des dossiers de transformation et du M&A sur les enjeux de communication. Puis au bout de 5 ans d’expatriation j’ai eu envie de rentrer en France et de revenir sur au droit. J’estimais, à tort ou à raison que j’avais fait le tour de la communication et des affaires publiques. J’ai donc eu envie de renouer avec un poste dans le domaine du droit ayant également un aspect visionnaire et je trouve que la compliance rassemble les deux. En effet, c’est du droit mais pas seulement, car il y a aussi un volet éthique et stratégique. Car si vous êtes déconnecté de la réalité du business, vous serez déconnecté de la réalité tout court et cela ne fonctionne pas. Donc pour moi, il y a un point commun dans les différentes étapes de parcours qui est d’apporter, en interne, la contradiction externe.  C’est à ce moment-là que j’ai rejoint les équipes de la direction générale juridique. Et c’est ce qui fait la force d’un grand Groupe comme Nestlé :  permettre d’élargir les champs du possible au sein de la même entreprise et développer une culture d’entreprise très forte.

Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs, quel est le rôle de la compliance dans une entreprise comme NESTLÉ ? 

Je travaille au sein de la filiale française de Nestlé. Nestlé est un groupe implanté en Suisse depuis 1866 et à Paris depuis 1868. Mon périmètre rassemble toutes les entités juridiques de Nestlé qui sont sur le territoire français. Nous appelons cela « Nestlé in the market », Nestlé en France pour faire simple. Nous avons une approche très territoriale puisque Nestlé fabrique majoritairement ses produits localement. La culture alimentaire est très locale… En France, nous avons à la fois des marques iconiques et patrimoniales et des marques internationales comme Kit Kat ou Nescafé. 

Ma mission est de veiller à l’application et à la compréhension de notre Code de conduite, adopté par chaque pays depuis 2007. Les sujets principaux sont la lutte contre la corruption et la promotion des droits humains et environnementaux.

Êtes-vous complètement indépendant ou prenez-vous des dispositifs de la compliance Suisse ?

Nous fonctionnons comme une seule et même équipe. Nous faisons partie de la direction générale juridique, ce qui nous permet de collaborer avec les juristes experts spécialisés en concurrence, en protection des données, en propriété intellectuelle… afin d’apporter une vision transversale aux business. Cela est précieux, particulièrement sur les sujets couverts par la compliance qui concernent plusieurs branches du droit. En même temps, nous avons un lien fonctionnel avec le Chef de la Compliance du Groupe Nestlé en Suisse ce qui permet non seulement de garantir neutralité et indépendance mais également de bénéficier de l’expertise des experts compliance des autres marchés. Ce qui compte tenu de notre présence dans le monde entier est unique. Ensemble, nous partageons nos bonnes pratiques et échangeons sur les évolutions de nos sujets. Il y a en effet une tradition dans le Groupe qui consiste à prendre les plus hauts standards (hard law comme soft law) et de les appliquer à tous les marchés. Cela garantit à Nestlé, d’être fidèle à ses valeurs et sa raison d’être.

A titre d’exemple, en ce qui concerne les droits humains, le marché français va être pilote pour le siège en Suisse car nous étions les premiers à être concernés par une loi sur le devoir de vigilance. En revanche, la loi Sapin est très en retard par rapport à la loi suisse, américaine ou anglaise. 

Quelles sont les particularités d’un compliance officer dans une industrie agroalimentaire ? 

Nous avons 19 usines en France. Notre réalité est de mettre en place des politiques et des standards qui répondent à la réalité du terrain : comment fonder un programme conformité sur des e-learning quand 80 % des équipes sont en usine avec un accès restreint à un ordinateur ? Il nous faut donc constamment nous réinventer pour faire de ces enjeux non pas des contraintes législatives, mais des actions fondées sur la conviction afin que chacun fasse « la bonne chose pour la bonne raison ». 

Le siège en Suisse a pour mission de nous fournir du fond de qualité. Chaque pays est chargé de l’adapter ensuite à sa réalité locale aussi bien culturellement que d’un point de vue des besoins logistiques. J’ai donc la capacité de m’adapter, je ne crois pas au « one size fits all ». Il nous faut avoir des guidelines, des politiques claires mais il faut aussi savoir nous adapter à la réalité des usines car les thématiques et les façons de les appliquer peuvent varier en fonction de leurs particularités. Je suis favorable aux formations sur site,  je prends ainsi en compte la réalité de l’usine en restant sur place pendant 2 jours. Evidemment sur une si courte période il n’est pas possible de former tout le monde mais je préfère former les managers et les leaders naturels qui vont par la suite pouvoir les dispenser de leur côté. Nous utilisons en complément le e-learning avec le personnel du siège et les commerciaux.  Parfois aussi avec les responsables d’usines mais je préfère organiser des événements par thématiques par petits groupes avec le personnel des usines. Par exemple, le 9 décembre est la journée de l’anti-corruption, nous prévoyons des interventions et je m’assure qu’elles soient adaptées à la réalité de l’usine.    

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos relations avec les régulateurs ? 

Je ne suis pas en charge du RGPD car ce n’est pas dans mon domaine d’expertise. Je ne voyais pas comment il était possible de faire évoluer la législation dans ce domaine car elle est déjà très avancée. Je ne gère pas non plus la question de l’antitrust. Nous avons un département des affaires réglementaires, sujet central pour une industrie comme la nôtre.

Compte tenu des particularités que vous avez mentionnées, comment sont organisées vos équipes ? 

Je n’ai pas d’équipe dédiée. La Compliance, chez Nestlé, est l’affaire de tous et je peux compter sur le soutien sans faille de notre PDG, Christophe Cornu comme de l’ensemble de la Direction générale à commencer par mon DG, Hubert Marchand. J’ai accès, grâce au Comité de Conformité, à la force de frappe de la communication qui est en mesure de diffuser un message simultanément dans les usines comme sur l’ordinateur de chaque collaborateur. Mais il s’agit là, d’information. Or, sur de tels enjeux, il s’agit en premier lieu de convaincre. Chaque usine fonctionne comme une petite entreprise avec un directeur d’usine qui organise ses priorités en fonction des enjeux du business et avec des usines qui tournent 7/7 365 jours par an. Mon travail consiste donc à les convaincre et à leur donner envie de prendre part aux projets. C’est la difficulté et en même temps c’est un privilège car dès lors vous arrivez à les embarquer avec vous les projets se déploient très vite. Concrètement, nous avons des thématiques telles que la corruption sur laquelle je vais travailler avec l’équipe risk & control et chacun a un réseau des référents conformités extrêmement dynamique qui maille chaque fonction.

 

Quel type de profils trouve-t-on dans votre équipe ? 

J’ai à mes côtés deux personnes qui m’aident directement sur la compliance. C’est pour cela que le réseau des référents conformité est important et que je dois l’animer. Dans le réseau des référents il y a des juristes, mais aussi des experts par métiers. Sur la partie compliance de Nestlé, au niveau global, vous allez avoir des juristes mais aussi des profils plus axés sur la compliance, des profils de risk & control, des experts des audits car nous travaillons vraiment tous ensemble.

 

Comment sensibilisez- vous au sein de votre entreprise les collaborateurs aux enjeux de la compliance ? 

Il faut s’adapter. Si vous vous adressez aux commerciaux, il y a des sujets qui les touchent plus directement et sur lesquels nos clients vont les interpeler. Par exemple quelles sont nos actions concrètes en matière de lutte contre la corruption ou de promotion des droits humains, en sus de sujets classiques comme la composition nutritionnelle des produits. Leur rôle est essentiel car ils sont les ambassadeurs de nos marques, sur le terrain tout comme mes collègues en usines en sont les artisans. Nous avons une approche très sûre et pragmatique malgré la taille de notre groupe. 

En tant que manager, gardez-vous un rôle également opérationnel au sein de votre équipe ? 

Je me déplace moi-même sur les sites des usines. Cela permet de ne pas me déconnecter de ce principe de réalité. Le plus simple est donc de se déplacer sur le terrain afin de vérifier que la formation fonctionne bien. C’est pareil pour le e-learning. Cela me permet d’avoir un feed-back concret et pertinent car au final, si les collaborateurs ne trouvent pas ma proposition pertinente,  il me faut recommencer afin de gagner leur adhésion. Je reste une fonction support. La compliance correspond aussi à une réalité industrielle. Il faut vraiment  être très opérationnel. C’est aussi ma personnalité : ce n’est pas qu’un savoir faire, c’est aussi un savoir être. Je crois fondamentalement à l’exemplarité qui elle-même s’ancre dans la conviction. J’ai toujours fonctionné ainsi. L’avantage de Nestlé est que la très grande majorité de nos produits sont produits localement, ce qui permet à chaque pays, et à chaque division, d’être comptable de son plan d’action.

Est-ce que votre poste est maintenant une finalité avec l’ajout en plus de la compliance du droit éthique, des affaires et humain ?

Je tiens à être en charge, en France, des droits humains. Auparavant cela était géré exclusivement au niveau du Groupe et c’est bien évidemment toujours le cas s’agissant de la stratégie et des plans d’actions sur les principales matières premières. Toutefois, la collaboration avec le siège est ancrée dans le respect et la co-construction. On s’écoute et on s’adapte avec pour seul objectif d’être exemplaire sur ces sujets essentiels Je suis très fière et reconnaissante de pouvoir poursuivre mon engagement au service de la promotion des droits humains. Il est vrai que beaucoup ont encore de Nestlé l’image d’une très grande multinationale assez déshumanisée. Et pourtant, quand on entre chez Nestlé, souvent en qualité de stagiaire, on y reste car les valeurs y sont fortes et les possibilités de faire bouger les lignes immenses. Aujourd’hui, l’équipe de direction est fondamentalement tournée vers une entreprise ancrée dans la communauté, convaincue que créer de la valeur pour les consommateurs, les communautés et notre environnement est au cœur de notre durabilité. Quand vous êtes le numéro un mondial de l’alimentation depuis plus de 150 ans ce qui vous guide n’est pas de suivre une tendance, ce qui vous motive est de dessiner un futur durable. 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ? 

C’est la liberté. Mais cette liberté se gagne par la confiance qui elle-même repose sur vos réalisations. Sur des postes comme les nôtres, l’intégrité et la passion sont essentiels pour convaincre et pour avancer. 

La question inévitable du moment : quels sont les impacts du covid sur votre activité ? 

Concernant le covid, il y eu un vrai élan de solidarité et de fierté d’appartenance. Par exemple, au début de la crise quand les restaurants routiers étaient fermés, ce sont nos usines elles-mêmes qui se sont occupées de la restauration des chauffeurs de camions qui assurent nos livraisons. Quelle fierté que de travailler pour une entreprise qui fabrique des produits alimentaires, et qui a spontanément donné blouses, gants et douceurs aux services hospitaliers et administrations publiques. 

Le besoin d’être ensemble s’est vraiment fait sentir et la communication a mis en place une campagne #wearenestlé qui nous a permis de savoir ce que nos collègues, sur le terrain, faisaient pour aider. Les équipes se sont incroyablement mobilisées pour que les usines tournent. Notre CEO monde, Mark Schneider, s’est personnellement beaucoup investi pour le bien être des collaborateurs dont la charge mentale s’est accentuée ou pour engager Nestlé dans l’effort de recherche ou la mise en place de mesures sociales justes pour chacun. 

Cette crise majeure que nous traversons est un révélateur de notre capacité à être véritablement une entreprise responsable car les droits humains étaient au cœur de la crise 

Le Brexit a-t-il eu des impacts sur votre activité ? 

Pas au niveau de la France. Chaque pays est assez autonome puisque nous produisons à plus de 80% localement. Nestlé en France a évidemment une partie de produits qu’elle exporte, contribuant ainsi au rayonnement du savoir-faire industriel français, mais les échanges commerciaux d’une entreprise reposent sur des accords qui savent s’adapter aux enjeux politiques. 

Le premier code de la compliance vient de sortir cette année chez Dalloz ; qu’en pensez-vous ? 

C’est toujours une bonne chose d’avoir un livre qui rassemble les différents principes de la compliance. Cela nous fera certainement gagner du temps. Le droit de la compliance touche tous les droits. En tant que doctorante, je l’ai bien évidemment consulté et je trouve cela beaucoup plus simple d’avoir en un seul endroit les concepts de la compliance. Cependant c’est un droit en mutation donc ce livre est une bonne première pierre mais il y aura probablement beaucoup d’autres éditions .

Quels sont les prochains enjeux compliance pour vous ?

Ils vont comporter les droits humains, les droits environnementaux avec la création du délit d’écocide. L’enjeu critique pour les entreprises sera donc la gestion des risques, avec en bonne place le risque juridique et son corollaire, la faculté d’interprétation consacrée dans la récente jurisprudence. 

Vous êtes actuellement en pleine rédaction de votre thèse, quel en est le sujet de recherche ? S’agit-il d’une thématique compliance ? 

Le sujet de ma thèse est : « Les indicateurs de risques à l’épreuve de l’extraterritorialité : vers un droit de la compliance sans frontière ». L’idée est de s’interroger sur les fondements d’un droit sans frontière, ses impacts, ses motivations, ses limites. J’évoque également le pouvoir d’interprétation croissante du juge sur les enjeux de droits humains et environnementaux ainsi que les conséquences sur la stratégie de gestion des risques des entreprises françaises. En effet, celles-ci doivent concilier leur propre compétitivité à celle des Etats et elles jonglent entre lois extraterritoriales et lois de blocage, entre intérêt supérieur et souveraineté nationale. Enfin, je m’interroge sur les dérives possibles d’un Droit de la Compliance qui bien qu’ancrée dans la soft law, développe une certaine créativité en matière de sanctions. Je fais donc un parallèle avec le droit fiscal né de la nécessité de lutter contre l’évasion fiscale qui est dévoyé ensuite par une nouvelle discipline : l’optimisation fiscale, qui joue justement sur la concurrence entre les Etats. 

Je reste néanmoins confiante car les enjeux de la Compliance dépassent le simple cadre financier, il en va de l’avenir de l’Humanité. C’est en ce sens que je suis une fervente militante de la promotion des Droits humains. Cela me semble bien plus essentiel que de militer pour une promotion législative. La promotion législative des droits humains est évidemment une étape indispensable car elle fixe les règles du jeu mais elle sous-entend que sans obligation légale, les entreprises n’ont aucune responsabilité. 

Nous l’avons vu avec le Covid de façon exacerbée, soyons fiers de nos entreprises car elles créent de la valeur pour notre pays mais elles sont aussi génératrices de lien social. Je crois que les entrepreneurs sont les artisans de la machine à rêve français mais tous les Etats ne sont pas dotés d’un cadre exigeant en matière de respect des droits humains. C’est la raison pour laquelle nous devons nous mobiliser, entreprises et Etats, ensemble.

Vous êtes présidente ou membre de plusieurs associations, pouvez-vous nous en dire plus sur vos différentes implications ? 

J’ai 3 engagements. Le premier est le « Café de l’avenir » c’est une association que nous avons créé il y a plus de 16 ans avec un groupe de professionnels. L’objectif est de travailler sur l’employabilité des jeunes diplômés. J’ai grandi dans une zone urbaine sensible et je crois à la nécessité d’ « imposer sa chance et d’aller vers son risque ». 

Le Café de l’Avenir est né de cette volonté de croiser les regards car nous avons toujours à apprendre de l’autre. Le DRH a aussi à apprendre de cette jeunesse qui se réinvente quotidiennement, avec des codes différents.

J’ai en fin d’année dernière eu l’honneur de rejoindre le Conseil d’Administration « Les entreprises pour la cité ». Cette association, créée en 1983, est à la fois un groupement d’entreprises et un laboratoire d’innovation. Il m’a été confiée la responsabilité d’être Ambassadrice de la Charte de la diversité. C’est incroyablement énergisant de voir les bénévoles et les équipes qui, sur le terrain, font bouger les choses et accompagnent des publics dits fragiles sur le chemin de la réalisation. 

Depuis plusieurs années, en quittant le monde politique, j’ai acquis la conviction que les entreprises sont au cœur du changement. Les Etats n’ont plus les moyens de leurs ambitions et peinent à relancer la machine à rêve français. Côté entreprises, l’ascenseur social est bien entretenu et fonctionne à presque tous les étages. 

C’est justement le sens de la création en juin 2020 de l’Association « On Board » avec Stéphane Roussel, psychologue de formation, et actuel CTO de Vivendi. Ensemble, nous avons créé le « Waze » des conseils d’administration ayant pour objectif de mettre en contact des talents, des itinéraires bis, et des chefs d’entreprise qui ont envie d’être encore plus compétitifs. La France regorge de talents. Nous avons une scolarité gratuite. Des professeurs qui sont de véritables hussards de la République. Et au moment, où la France devrait récolter les fruits de son investissement, nombre d’enfants de la République dont les talents sont trop souvent ignorés partent à l’étranger. 

Quelles sont vos interactions avec les autres métiers GRACES (Gouvernance Risk Audit et contrôle interne Compliance Ethic Security) ? 

Encore une fois, l’interaction est indispensable à la conduite des activités de la Compliance. Nous avons mis en place avec les équipes Audit, Finances, Supply Chain, Risk, IT, et Sûreté une approche centrée sur le risque. Bien que sans lien hiérarchique les uns par rapport aux autres, nous nous considérons comme une équipe à part entière.

Je collabore également avec le directeur des relations sociales puisque nous sommes co-responsables du Comité d’Alerte. Cela nous a permis d’avoir une approche vraiment transversale et centrée sur le risque. Dans beaucoup d’entreprises c’est le risque financier qui prévaut ; ce n’est pas le cas chez Nestlé, le risque humain y est central. 

Quels sont les prochains experts que l’on devrait interviewer selon vous ? 

Didier Wisselmann, le Directeur de l’Audit, du Risque, de l’Ethique et de la Compliance de  Renault et Caroline Le Masne, la directrice juridique de Vivendi.

Pour finir, quelle est votre définition de la compliance ?

C’est du droit certes mais cela est également beaucoup d’éthique. L’éthique suit et anticipe les évolutions de la société. La compliance c’est faire la bonne chose pour la bonne raison avec une capacité d’anticipation sur les 10 ou 15 prochaines années. C’est protéger nos business maintenant en intégrant dans nos actions le regard qui sera porté sur nos activités dans 10 ans. 

p/o Virginie Gastine Menou

RISQUES ET VOUS

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Publié le 15 novembre 2021 par

Virginie GASTINE MENOU

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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire comment vous êtes arrivée en compliance ? 

Lydia Méziani, je suis directrice juridique en charge de la conformité, des droits humains et de l’éthique chez Nestlé. J’ai fait des études de droit et de science politique. J’ai débuté ma carrière au parlement, j’y ai passé 7 ans. Je me suis ensuite orientée vers le secteur privé pour deux raisons : l’arrivée de mon enfant et l’envie d’avoir mon « principe de réalité ». En effet, lorsque j’ai quitté l’école j’ai été promue à 23 ans comme conseillère du président du Sénat mais je tenais à garder les pieds sur terre et j’avais envie de connaitre mon réel potentiel. Je me suis donc dirigée vers le secteur privé car j’en avais une vision caricaturale à savoir que dans le privé on vous signifie très rapidement que vous n’êtes pas au niveau, avec un accent fort mis sur la performance. J’ai intégré Nestlé il y a 13 ans. Tout d’abord pour mettre en place, aux côtés d’une Directrice générale, la direction de la communication, des affaires publiques et des relations extérieures. Et en parallèle, en qualité de déléguée du Pôle Agir, pour développer le plan d’actions de la Fondation Nestlé dédiée à la transmission de la culture alimentaire française qui venait juste d’être créée par le Président de l’époque. 

Quand on vient du monde politique, la passerelle évidente passe bien souvent par les affaires publiques. Ensuite au bout de 5 ans, on m’a proposé de rejoindre le groupe en Suisse pour être porte-parole,grâce à mon expertise en conduite du changement. J’ai donc été en charge des dossiers de transformation et du M&A sur les enjeux de communication. Puis au bout de 5 ans d’expatriation j’ai eu envie de rentrer en France et de revenir sur au droit. J’estimais, à tort ou à raison que j’avais fait le tour de la communication et des affaires publiques. J’ai donc eu envie de renouer avec un poste dans le domaine du droit ayant également un aspect visionnaire et je trouve que la compliance rassemble les deux. En effet, c’est du droit mais pas seulement, car il y a aussi un volet éthique et stratégique. Car si vous êtes déconnecté de la réalité du business, vous serez déconnecté de la réalité tout court et cela ne fonctionne pas. Donc pour moi, il y a un point commun dans les différentes étapes de parcours qui est d’apporter, en interne, la contradiction externe.  C’est à ce moment-là que j’ai rejoint les équipes de la direction générale juridique. Et c’est ce qui fait la force d’un grand Groupe comme Nestlé :  permettre d’élargir les champs du possible au sein de la même entreprise et développer une culture d’entreprise très forte.

Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs, quel est le rôle de la compliance dans une entreprise comme NESTLÉ ? 

Je travaille au sein de la filiale française de Nestlé. Nestlé est un groupe implanté en Suisse depuis 1866 et à Paris depuis 1868. Mon périmètre rassemble toutes les entités juridiques de Nestlé qui sont sur le territoire français. Nous appelons cela « Nestlé in the market », Nestlé en France pour faire simple. Nous avons une approche très territoriale puisque Nestlé fabrique majoritairement ses produits localement. La culture alimentaire est très locale… En France, nous avons à la fois des marques iconiques et patrimoniales et des marques internationales comme Kit Kat ou Nescafé. 

Ma mission est de veiller à l’application et à la compréhension de notre Code de conduite, adopté par chaque pays depuis 2007. Les sujets principaux sont la lutte contre la corruption et la promotion des droits humains et environnementaux.

Êtes-vous complètement indépendant ou prenez-vous des dispositifs de la compliance Suisse ?

Nous fonctionnons comme une seule et même équipe. Nous faisons partie de la direction générale juridique, ce qui nous permet de collaborer avec les juristes experts spécialisés en concurrence, en protection des données, en propriété intellectuelle… afin d’apporter une vision transversale aux business. Cela est précieux, particulièrement sur les sujets couverts par la compliance qui concernent plusieurs branches du droit. En même temps, nous avons un lien fonctionnel avec le Chef de la Compliance du Groupe Nestlé en Suisse ce qui permet non seulement de garantir neutralité et indépendance mais également de bénéficier de l’expertise des experts compliance des autres marchés. Ce qui compte tenu de notre présence dans le monde entier est unique. Ensemble, nous partageons nos bonnes pratiques et échangeons sur les évolutions de nos sujets. Il y a en effet une tradition dans le Groupe qui consiste à prendre les plus hauts standards (hard law comme soft law) et de les appliquer à tous les marchés. Cela garantit à Nestlé, d’être fidèle à ses valeurs et sa raison d’être.

A titre d’exemple, en ce qui concerne les droits humains, le marché français va être pilote pour le siège en Suisse car nous étions les premiers à être concernés par une loi sur le devoir de vigilance. En revanche, la loi Sapin est très en retard par rapport à la loi suisse, américaine ou anglaise. 

Quelles sont les particularités d’un compliance officer dans une industrie agroalimentaire ? 

Nous avons 19 usines en France. Notre réalité est de mettre en place des politiques et des standards qui répondent à la réalité du terrain : comment fonder un programme conformité sur des e-learning quand 80 % des équipes sont en usine avec un accès restreint à un ordinateur ? Il nous faut donc constamment nous réinventer pour faire de ces enjeux non pas des contraintes législatives, mais des actions fondées sur la conviction afin que chacun fasse « la bonne chose pour la bonne raison ». 

Le siège en Suisse a pour mission de nous fournir du fond de qualité. Chaque pays est chargé de l’adapter ensuite à sa réalité locale aussi bien culturellement que d’un point de vue des besoins logistiques. J’ai donc la capacité de m’adapter, je ne crois pas au « one size fits all ». Il nous faut avoir des guidelines, des politiques claires mais il faut aussi savoir nous adapter à la réalité des usines car les thématiques et les façons de les appliquer peuvent varier en fonction de leurs particularités. Je suis favorable aux formations sur site,  je prends ainsi en compte la réalité de l’usine en restant sur place pendant 2 jours. Evidemment sur une si courte période il n’est pas possible de former tout le monde mais je préfère former les managers et les leaders naturels qui vont par la suite pouvoir les dispenser de leur côté. Nous utilisons en complément le e-learning avec le personnel du siège et les commerciaux.  Parfois aussi avec les responsables d’usines mais je préfère organiser des événements par thématiques par petits groupes avec le personnel des usines. Par exemple, le 9 décembre est la journée de l’anti-corruption, nous prévoyons des interventions et je m’assure qu’elles soient adaptées à la réalité de l’usine.    

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos relations avec les régulateurs ? 

Je ne suis pas en charge du RGPD car ce n’est pas dans mon domaine d’expertise. Je ne voyais pas comment il était possible de faire évoluer la législation dans ce domaine car elle est déjà très avancée. Je ne gère pas non plus la question de l’antitrust. Nous avons un département des affaires réglementaires, sujet central pour une industrie comme la nôtre.

Compte tenu des particularités que vous avez mentionnées, comment sont organisées vos équipes ? 

Je n’ai pas d’équipe dédiée. La Compliance, chez Nestlé, est l’affaire de tous et je peux compter sur le soutien sans faille de notre PDG, Christophe Cornu comme de l’ensemble de la Direction générale à commencer par mon DG, Hubert Marchand. J’ai accès, grâce au Comité de Conformité, à la force de frappe de la communication qui est en mesure de diffuser un message simultanément dans les usines comme sur l’ordinateur de chaque collaborateur. Mais il s’agit là, d’information. Or, sur de tels enjeux, il s’agit en premier lieu de convaincre. Chaque usine fonctionne comme une petite entreprise avec un directeur d’usine qui organise ses priorités en fonction des enjeux du business et avec des usines qui tournent 7/7 365 jours par an. Mon travail consiste donc à les convaincre et à leur donner envie de prendre part aux projets. C’est la difficulté et en même temps c’est un privilège car dès lors vous arrivez à les embarquer avec vous les projets se déploient très vite. Concrètement, nous avons des thématiques telles que la corruption sur laquelle je vais travailler avec l’équipe risk & control et chacun a un réseau des référents conformités extrêmement dynamique qui maille chaque fonction.

 

Quel type de profils trouve-t-on dans votre équipe ? 

J’ai à mes côtés deux personnes qui m’aident directement sur la compliance. C’est pour cela que le réseau des référents conformité est important et que je dois l’animer. Dans le réseau des référents il y a des juristes, mais aussi des experts par métiers. Sur la partie compliance de Nestlé, au niveau global, vous allez avoir des juristes mais aussi des profils plus axés sur la compliance, des profils de risk & control, des experts des audits car nous travaillons vraiment tous ensemble.

 

Comment sensibilisez- vous au sein de votre entreprise les collaborateurs aux enjeux de la compliance ? 

Il faut s’adapter. Si vous vous adressez aux commerciaux, il y a des sujets qui les touchent plus directement et sur lesquels nos clients vont les interpeler. Par exemple quelles sont nos actions concrètes en matière de lutte contre la corruption ou de promotion des droits humains, en sus de sujets classiques comme la composition nutritionnelle des produits. Leur rôle est essentiel car ils sont les ambassadeurs de nos marques, sur le terrain tout comme mes collègues en usines en sont les artisans. Nous avons une approche très sûre et pragmatique malgré la taille de notre groupe. 

En tant que manager, gardez-vous un rôle également opérationnel au sein de votre équipe ? 

Je me déplace moi-même sur les sites des usines. Cela permet de ne pas me déconnecter de ce principe de réalité. Le plus simple est donc de se déplacer sur le terrain afin de vérifier que la formation fonctionne bien. C’est pareil pour le e-learning. Cela me permet d’avoir un feed-back concret et pertinent car au final, si les collaborateurs ne trouvent pas ma proposition pertinente,  il me faut recommencer afin de gagner leur adhésion. Je reste une fonction support. La compliance correspond aussi à une réalité industrielle. Il faut vraiment  être très opérationnel. C’est aussi ma personnalité : ce n’est pas qu’un savoir faire, c’est aussi un savoir être. Je crois fondamentalement à l’exemplarité qui elle-même s’ancre dans la conviction. J’ai toujours fonctionné ainsi. L’avantage de Nestlé est que la très grande majorité de nos produits sont produits localement, ce qui permet à chaque pays, et à chaque division, d’être comptable de son plan d’action.

Est-ce que votre poste est maintenant une finalité avec l’ajout en plus de la compliance du droit éthique, des affaires et humain ?

Je tiens à être en charge, en France, des droits humains. Auparavant cela était géré exclusivement au niveau du Groupe et c’est bien évidemment toujours le cas s’agissant de la stratégie et des plans d’actions sur les principales matières premières. Toutefois, la collaboration avec le siège est ancrée dans le respect et la co-construction. On s’écoute et on s’adapte avec pour seul objectif d’être exemplaire sur ces sujets essentiels Je suis très fière et reconnaissante de pouvoir poursuivre mon engagement au service de la promotion des droits humains. Il est vrai que beaucoup ont encore de Nestlé l’image d’une très grande multinationale assez déshumanisée. Et pourtant, quand on entre chez Nestlé, souvent en qualité de stagiaire, on y reste car les valeurs y sont fortes et les possibilités de faire bouger les lignes immenses. Aujourd’hui, l’équipe de direction est fondamentalement tournée vers une entreprise ancrée dans la communauté, convaincue que créer de la valeur pour les consommateurs, les communautés et notre environnement est au cœur de notre durabilité. Quand vous êtes le numéro un mondial de l’alimentation depuis plus de 150 ans ce qui vous guide n’est pas de suivre une tendance, ce qui vous motive est de dessiner un futur durable. 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ? 

C’est la liberté. Mais cette liberté se gagne par la confiance qui elle-même repose sur vos réalisations. Sur des postes comme les nôtres, l’intégrité et la passion sont essentiels pour convaincre et pour avancer. 

La question inévitable du moment : quels sont les impacts du covid sur votre activité ? 

Concernant le covid, il y eu un vrai élan de solidarité et de fierté d’appartenance. Par exemple, au début de la crise quand les restaurants routiers étaient fermés, ce sont nos usines elles-mêmes qui se sont occupées de la restauration des chauffeurs de camions qui assurent nos livraisons. Quelle fierté que de travailler pour une entreprise qui fabrique des produits alimentaires, et qui a spontanément donné blouses, gants et douceurs aux services hospitaliers et administrations publiques. 

Le besoin d’être ensemble s’est vraiment fait sentir et la communication a mis en place une campagne #wearenestlé qui nous a permis de savoir ce que nos collègues, sur le terrain, faisaient pour aider. Les équipes se sont incroyablement mobilisées pour que les usines tournent. Notre CEO monde, Mark Schneider, s’est personnellement beaucoup investi pour le bien être des collaborateurs dont la charge mentale s’est accentuée ou pour engager Nestlé dans l’effort de recherche ou la mise en place de mesures sociales justes pour chacun. 

Cette crise majeure que nous traversons est un révélateur de notre capacité à être véritablement une entreprise responsable car les droits humains étaient au cœur de la crise 

Le Brexit a-t-il eu des impacts sur votre activité ? 

Pas au niveau de la France. Chaque pays est assez autonome puisque nous produisons à plus de 80% localement. Nestlé en France a évidemment une partie de produits qu’elle exporte, contribuant ainsi au rayonnement du savoir-faire industriel français, mais les échanges commerciaux d’une entreprise reposent sur des accords qui savent s’adapter aux enjeux politiques. 

Le premier code de la compliance vient de sortir cette année chez Dalloz ; qu’en pensez-vous ? 

C’est toujours une bonne chose d’avoir un livre qui rassemble les différents principes de la compliance. Cela nous fera certainement gagner du temps. Le droit de la compliance touche tous les droits. En tant que doctorante, je l’ai bien évidemment consulté et je trouve cela beaucoup plus simple d’avoir en un seul endroit les concepts de la compliance. Cependant c’est un droit en mutation donc ce livre est une bonne première pierre mais il y aura probablement beaucoup d’autres éditions .

Quels sont les prochains enjeux compliance pour vous ?

Ils vont comporter les droits humains, les droits environnementaux avec la création du délit d’écocide. L’enjeu critique pour les entreprises sera donc la gestion des risques, avec en bonne place le risque juridique et son corollaire, la faculté d’interprétation consacrée dans la récente jurisprudence. 

Vous êtes actuellement en pleine rédaction de votre thèse, quel en est le sujet de recherche ? S’agit-il d’une thématique compliance ? 

Le sujet de ma thèse est : « Les indicateurs de risques à l’épreuve de l’extraterritorialité : vers un droit de la compliance sans frontière ». L’idée est de s’interroger sur les fondements d’un droit sans frontière, ses impacts, ses motivations, ses limites. J’évoque également le pouvoir d’interprétation croissante du juge sur les enjeux de droits humains et environnementaux ainsi que les conséquences sur la stratégie de gestion des risques des entreprises françaises. En effet, celles-ci doivent concilier leur propre compétitivité à celle des Etats et elles jonglent entre lois extraterritoriales et lois de blocage, entre intérêt supérieur et souveraineté nationale. Enfin, je m’interroge sur les dérives possibles d’un Droit de la Compliance qui bien qu’ancrée dans la soft law, développe une certaine créativité en matière de sanctions. Je fais donc un parallèle avec le droit fiscal né de la nécessité de lutter contre l’évasion fiscale qui est dévoyé ensuite par une nouvelle discipline : l’optimisation fiscale, qui joue justement sur la concurrence entre les Etats. 

Je reste néanmoins confiante car les enjeux de la Compliance dépassent le simple cadre financier, il en va de l’avenir de l’Humanité. C’est en ce sens que je suis une fervente militante de la promotion des Droits humains. Cela me semble bien plus essentiel que de militer pour une promotion législative. La promotion législative des droits humains est évidemment une étape indispensable car elle fixe les règles du jeu mais elle sous-entend que sans obligation légale, les entreprises n’ont aucune responsabilité. 

Nous l’avons vu avec le Covid de façon exacerbée, soyons fiers de nos entreprises car elles créent de la valeur pour notre pays mais elles sont aussi génératrices de lien social. Je crois que les entrepreneurs sont les artisans de la machine à rêve français mais tous les Etats ne sont pas dotés d’un cadre exigeant en matière de respect des droits humains. C’est la raison pour laquelle nous devons nous mobiliser, entreprises et Etats, ensemble.

Vous êtes présidente ou membre de plusieurs associations, pouvez-vous nous en dire plus sur vos différentes implications ? 

J’ai 3 engagements. Le premier est le « Café de l’avenir » c’est une association que nous avons créé il y a plus de 16 ans avec un groupe de professionnels. L’objectif est de travailler sur l’employabilité des jeunes diplômés. J’ai grandi dans une zone urbaine sensible et je crois à la nécessité d’ « imposer sa chance et d’aller vers son risque ». 

Le Café de l’Avenir est né de cette volonté de croiser les regards car nous avons toujours à apprendre de l’autre. Le DRH a aussi à apprendre de cette jeunesse qui se réinvente quotidiennement, avec des codes différents.

J’ai en fin d’année dernière eu l’honneur de rejoindre le Conseil d’Administration « Les entreprises pour la cité ». Cette association, créée en 1983, est à la fois un groupement d’entreprises et un laboratoire d’innovation. Il m’a été confiée la responsabilité d’être Ambassadrice de la Charte de la diversité. C’est incroyablement énergisant de voir les bénévoles et les équipes qui, sur le terrain, font bouger les choses et accompagnent des publics dits fragiles sur le chemin de la réalisation. 

Depuis plusieurs années, en quittant le monde politique, j’ai acquis la conviction que les entreprises sont au cœur du changement. Les Etats n’ont plus les moyens de leurs ambitions et peinent à relancer la machine à rêve français. Côté entreprises, l’ascenseur social est bien entretenu et fonctionne à presque tous les étages. 

C’est justement le sens de la création en juin 2020 de l’Association « On Board » avec Stéphane Roussel, psychologue de formation, et actuel CTO de Vivendi. Ensemble, nous avons créé le « Waze » des conseils d’administration ayant pour objectif de mettre en contact des talents, des itinéraires bis, et des chefs d’entreprise qui ont envie d’être encore plus compétitifs. La France regorge de talents. Nous avons une scolarité gratuite. Des professeurs qui sont de véritables hussards de la République. Et au moment, où la France devrait récolter les fruits de son investissement, nombre d’enfants de la République dont les talents sont trop souvent ignorés partent à l’étranger. 

Quelles sont vos interactions avec les autres métiers GRACES (Gouvernance Risk Audit et contrôle interne Compliance Ethic Security) ? 

Encore une fois, l’interaction est indispensable à la conduite des activités de la Compliance. Nous avons mis en place avec les équipes Audit, Finances, Supply Chain, Risk, IT, et Sûreté une approche centrée sur le risque. Bien que sans lien hiérarchique les uns par rapport aux autres, nous nous considérons comme une équipe à part entière.

Je collabore également avec le directeur des relations sociales puisque nous sommes co-responsables du Comité d’Alerte. Cela nous a permis d’avoir une approche vraiment transversale et centrée sur le risque. Dans beaucoup d’entreprises c’est le risque financier qui prévaut ; ce n’est pas le cas chez Nestlé, le risque humain y est central. 

Quels sont les prochains experts que l’on devrait interviewer selon vous ? 

Didier Wisselmann, le Directeur de l’Audit, du Risque, de l’Ethique et de la Compliance de  Renault et Caroline Le Masne, la directrice juridique de Vivendi.

Pour finir, quelle est votre définition de la compliance ?

C’est du droit certes mais cela est également beaucoup d’éthique. L’éthique suit et anticipe les évolutions de la société. La compliance c’est faire la bonne chose pour la bonne raison avec une capacité d’anticipation sur les 10 ou 15 prochaines années. C’est protéger nos business maintenant en intégrant dans nos actions le regard qui sera porté sur nos activités dans 10 ans. 

p/o Virginie Gastine Menou

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