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Veille réglementaire

Europrivacy : L'EDPB valide le futur sceau pour les transferts

EDPB · 23/04/2026

Focus — Europrivacy : L'EDPB ouvre la voie au premier sceau européen pour les transferts de données



Le 16 avril 2026, le Comité Européen de la Protection des Données (CEPD, ou EDPB en anglais) a franchi une étape décisive en publiant son avis 15/2026. Ce document porte sur l'approbation des critères de certification d'Europrivacy en tant que 'Sceau européen de protection des données'. Cette décision est particulièrement attendue par tous les acteurs économiques qui transfèrent des données personnelles en dehors de l'Union Européenne.


L'enjeu principal est de taille : offrir aux entreprises une alternative crédible et standardisée aux Clauses Contractuelles Types (CCT) pour encadrer leurs transferts internationaux de données. En validant les critères d'Europrivacy, l'EDPB prépare le terrain pour le premier mécanisme de certification utilisable comme garantie appropriée au titre de l'article 46 du RGPD, une évolution majeure dans le paysage post-Schrems II.


💡 Sujet/Concept clé : de quoi parle-t-on ?



Le 'Sceau européen de protection des données' est un mécanisme de certification volontaire prévu par l'article 42 du RGPD. Son objectif est de permettre aux responsables de traitement et aux sous-traitants de démontrer la conformité de leurs opérations de traitement avec le règlement. Une fois les critères d'un sceau approuvés par l'EDPB, celui-ci acquiert une validité et une reconnaissance dans toute l'Union Européenne, offrant un gage de confiance harmonisé.


Europrivacy est un schéma de certification développé dans le cadre du programme de recherche européen Horizon 2020. Géré par le Centre Européen pour la Certification et la Protection de la vie privée (ECCP) basé au Luxembourg, il a été conçu pour être un mécanisme complet, adaptable à de multiples secteurs et juridictions. Son ambition est de fournir une évaluation systématique et fiable de la conformité au RGPD, incluant les obligations complexes liées aux transferts de données vers des pays tiers.


La base légale et réglementaire



Le cadre juridique de cette annonce repose sur deux articles clés du RGPD. D'une part, l'article 42 ('Certification') qui établit la possibilité pour les États membres, les autorités de contrôle, le Comité et la Commission d'encourager la mise en place de mécanismes de certification ainsi que de labels et de marques en matière de protection des données. L'alinéa 5 précise que les critères de certification approuvés par l'EDPB permettent la création du 'Sceau européen de protection des données', reconnaissable dans toute l'Union.


D'autre part, l'article 46 ('Transferts moyennant des garanties appropriées') est au cœur du sujet. Il autorise les transferts de données vers un pays tiers en l'absence de décision d'adéquation, à condition que le responsable du traitement ou le sous-traitant prévoie des garanties appropriées. La liste de ces garanties inclut les CCT et les BCR, mais aussi, à l'alinéa 2(f), 'un mécanisme de certification approuvé en vertu de l'article 42'. C'est cette disposition, jusqu'alors théorique, que l'avis de l'EDPB vient concrétiser. Le non-respect de ces dispositions expose à des sanctions pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4% du chiffre d'affaires annuel mondial.


L'avis 15/2026 : une avancée pragmatique pour les transferts



L'avis de l'EDPB ne constitue pas l'approbation finale du mécanisme Europrivacy lui-même, mais la validation des critères sur lesquels il se fonde pour devenir un Sceau européen. C'est une étape indispensable et la plus complexe du processus. Cette validation confirme que les exigences définies par Europrivacy sont jugées suffisamment robustes par le régulateur européen pour garantir un niveau de protection des données adéquat, y compris dans le contexte des transferts.


Dans le contexte post-Schrems II, où la simple signature de CCT ne suffit plus et doit être complétée par une Analyse d'Impact sur le Transfert (AIT ou TIA), l'arrivée d'un outil de certification est une bouffée d'air. Une certification Europrivacy pourrait considérablement simplifier la charge de la preuve pour les exportateurs de données. Le processus de certification, mené par un organisme tiers accrédité, intégrerait nativement l'évaluation des risques liés au transfert et la vérification des mesures supplémentaires mises en place, offrant ainsi une présomption de conformité forte.


Il faut toutefois éviter toute surinterprétation. La certification ne sera pas un 'chèque en blanc' exonérant l'exportateur de sa responsabilité. L'entreprise certifiée devra maintenir son niveau de conformité en continu et rester vigilante quant aux évolutions de la législation du pays importateur. L'avis de l'EDPB détaille probablement les garde-fous nécessaires, notamment l'obligation pour le schéma de certification d'inclure des engagements contraignants et exécutoires de la part de l'importateur de données pour se soumettre à la juridiction des autorités de contrôle de l'UE.


Ce que ça change opérationnellement (Plan d'action)



Pour les Compliance Officers et DPO, cette évolution impose une anticipation stratégique. Voici un plan d'action en 6 points :


  • Veille active et identification des partenaires : Suivez de près la finalisation du processus d'approbation et l'accréditation des organismes de certification par les autorités nationales (comme la CNIL en France). Identifiez dès maintenant les auditeurs potentiels.


  • Revue de la cartographie des transferts : Mettez à jour votre cartographie des flux de données transfrontaliers. Identifiez les traitements (notamment ceux impliquant des sous-traitants multiples ou des transferts récurrents) qui sont les meilleurs candidats pour une certification, par opposition à ceux qui resteront sous le régime des CCT.


  • Analyse Coût/Bénéfice : Menez une analyse comparative. Évaluez le coût d'un cycle de certification (audit initial, maintien, renouvellement) face aux coûts cachés de la gestion des CCT et des AIT (temps des équipes juridiques et DPO, frais de conseil externe, risque juridique).


  • Préparation de la documentation de conformité : Anticipez la mise à jour de votre registre des activités de traitement (article 30 du RGPD). Préparez les modèles pour documenter 'Certification Europrivacy (Art. 46.2.f RGPD)' comme base légale du transfert.


  • Engager le dialogue avec l'écosystème : Si vous êtes un sous-traitant (processeur), envisagez la certification comme un avantage concurrentiel majeur. Si vous êtes un responsable de traitement (controller), commencez à sonder vos partenaires clés hors UE sur leur capacité et leur volonté à s'engager dans une telle démarche.


  • Formation interne : Préparez des modules de formation pour les équipes opérationnelles, IT, juridiques et achats. Expliquez le fonctionnement de ce nouvel outil, ses avantages et les obligations qui en découlent pour garantir une adoption fluide et efficace.



Sources :

  • 📎 EDPB — Opinion 15/2026 on the Europrivacy certification criteria regarding their approval by the Board as European Data Protection Seal to be used as tool for transfers pursuant to Articles 42 and 46 GDPR

Source : EDPB

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