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Pakistan : entre neutralité stratégique et émergence comme acteur sécuritaire régional

Institut Montaigne

Dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, le Pakistan adopte une posture de neutralité stratégique entre l’Arabie saoudite et l’Iran, malgré une alliance militaire formelle avec Riyad. Cette position médiane, qualifiée de « non-alignement » par certains observateurs, s’inscrit dans une stratégie visant à éviter une escalade régionale tout en renforçant son rôle de garant de sécurité.

Un héritage historique de relations complexes

Les liens entre Islamabad et Riyad remontent aux années 1970, lorsque l’Arabie saoudite a soutenu le développement du programme nucléaire pakistanais en échange d’une coopération militaire approfondie. Cette alliance s’est consolidée dans les décennies suivantes, notamment face à la menace perçue de l’expansionnisme iranien sous l’imam Khomeini et à l’intervention soviétique en Afghanistan. Pourtant, malgré une aide financière massive et une influence saoudienne marquée, le Pakistan n’a jamais pris parti pour Riyad contre Téhéran, illustrant une forme de pragmatisme géopolitique.

Cette posture a été particulièrement visible en 2015, lorsque Islamabad a refusé de rejoindre la coalition saoudienne contre les Houthis au Yémen, une décision perçue comme une trahison par Riyad et Abou Dhabi. Pour atténuer les tensions, le Pakistan a néanmoins accepté que l’ancien chef de l’armée pakistanaise, Raheel Sharif, prenne la tête des troupes coalisées.

Une diplomatie de l’équilibre au service de la stabilité régionale

Le Pakistan a récemment multiplié les efforts pour réconcilier l’Arabie saoudite et l’Iran, une démarche initiée par l’ancien Premier ministre Imran Khan en 2018-2020 et reprise par Pékin quelques années plus tard. Cette stratégie vise à éviter une polarisation du Golfe qui pourrait déstabiliser la région, notamment en raison des tensions croissantes entre Israël et ses voisins.

En 2026, Islamabad a condamné les attaques visant l’Iran, soulignant leur caractère illicite au regard du droit international, tout en dénonçant également les représailles iraniennes contre d’autres pays du Golfe. Cette position équilibrée a été réaffirmée lors de la réunion de l’Organisation de la Coopération Islamique à Riyad en mars 2026, où le ministre pakistanais des Affaires étrangères a rappelé l’existence d’un accord de défense mutuelle avec l’Arabie saoudite, sans pour autant s’engager dans une logique de bloc.

L’émergence d’un nouveau statut de garant de sécurité

Plusieurs facteurs expliquent l’affirmation du Pakistan comme acteur sécuritaire régional. D’abord, sa maîtrise de l’arme nucléaire, présentée dès l’origine comme une « bombe islamique », lui confère une dissuasion stratégique unique parmi les pays musulmans. Cette capacité, initialement mobilisée pour des raisons de financement, pourrait redevenir un atout face à la montée en puissance d’Israël, perçu comme une menace hégémonique par plusieurs États arabes.

Ensuite, la guerre éclair de 2025 entre le Pakistan et l’Inde a révélé la modernisation de ses forces armées. Grâce à des équipements sino-pakistanais et chinois, comme les avions de combat JF-17 Thunder ou les missiles PL-15E, Islamabad a pu infliger des pertes significatives à l’armée indienne, y compris des appareils Rafale. Cette démonstration de force a suscité l’intérêt de plusieurs pays arabes, dont l’Arabie saoudite, l’Irak et la Libye, qui ont passé des commandes de JF-17 Thunder.

Enfin, le soutien indéfectible de la Chine, qui a partagé des renseignements stratégiques lors du conflit de 2025, a renforcé la position du Pakistan sur la scène internationale. Pékin a également apporté un appui public inédit, marquant une rupture avec sa traditionnelle discrétion en matière de diplomatie régionale.

Source : Institut Montaigne

Source : Institut Montaigne

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