Veille réglementaire
AMF : Guide pratique pour l'élaboration des profils de risque clients en épargne et finance
OPADEO
L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a sollicité cinq groupes bancaires afin d’obtenir leurs règles internes relatives à la détermination des profils de risque clients et à l’appariement de ces profils avec les univers d’investissement proposés. Cette démarche s’inscrit dans une logique de renforcement de la protection des investisseurs et de conformité réglementaire.
Méthodologie en trois phases
La construction d’un profil de risque client repose sur une approche structurée en trois étapes principales :
- Phase de découverte : collecte des informations essentielles sur le client ;
- Phase d’évaluation : analyse de l’adéquation entre les produits ou services proposés et les caractéristiques du client, notamment son expérience, ses connaissances, sa tolérance au risque et ses objectifs d’investissement ;
- Phase de recommandation : proposition d’une allocation d’actifs adaptée au profil identifié.
Critères d’évaluation détaillés
L’évaluation s’articule autour de plusieurs dimensions, chacune étant analysée à travers des questions ciblées :
- Situation : analyse des données financières et patrimoniales du client ;
- Objectifs : intégration des priorités et de l’horizon de placement ;
- Connaissance et Expérience (C&E) : évaluation via un questionnaire de 3 à 18 questions couvrant l’expérience passée, la fréquence et l’ancienneté des investissements, ainsi que les produits détenus ;
- Risque : détermination du profil de risque à travers 1 à 7 questions, incluant des choix entre niveaux de rendement/risque théoriques présentés sous forme graphique, ainsi que des scénarios fictifs pour évaluer les réactions du client.
Les établissements calculent ensuite un Profil Investisseur Global, souvent issu d’une combinaison entre le profil de risque et les critères C&E. Ce profil se positionne dans 4 à 6 catégories homogènes, associées à :
- des niveaux de risque cible (SRRI de 1 à 7) ;
- des allocations types ;
- des catégories de produits jugées compatibles.
Le conseiller dispose d’une marge de manœuvre pour affiner la recommandation, sous réserve de respecter les bornes de risque et de profil définies.
Prise en compte de la capacité à supporter les pertes
La capacité à absorber des pertes financières est évaluée dans le cadre de la situation financière du client. Cette analyse ne doit pas être confondue avec l’aversion au risque. Pour mesurer la perte maximale supportable, les établissements recueillent des données sur :
- la valeur du patrimoine immobilier, financier et bancaire ;
- les engagements financiers ;
- les revenus et charges ;
- le statut de propriétaire du logement.
Certains établissements automatisent la comparaison entre le niveau de risque moyen du patrimoine financier existant (incluant épargne bancaire, assurance vie et instruments financiers) et le niveau de risque cible issu du profil d’investisseur. Cette approche génère un diagnostic de surexposition ou de sous-exposition, ainsi qu’une allocation d’actifs cible.
Spécificités des acteurs de la banque privée
Les banques privées adoptent généralement une démarche individualisée, déterminant un profil de risque et une allocation d’actifs pour chaque portefeuille, en lien avec un horizon de placement et un projet unique. La volatilité n’est pas abordée dans cette méthodologie.
Source : OPADEO
À lire aussi
Un poste en compliance vous intéresse ?
GRACES publie des offres GRC exclusives et vous donne accès aux fourchettes de rémunération du marché — en toute confidentialité.