Veille réglementaire
Asymétrie d'information dans la commercialisation des produits structurés : enjeux et pistes d'amélioration
OPADEO
Les produits structurés, instruments financiers complexes, sont souvent commercialisés auprès d’investisseurs retail dont les connaissances financières ne permettent pas toujours d’appréhender pleinement leurs caractéristiques techniques. Cette asymétrie d’information, bien réelle, expose les investisseurs à des risques mal évalués, notamment en matière de crédit, de volatilité ou de duration.
Des risques mal appréhendés par les investisseurs
Plusieurs biais de perception ont été identifiés dans l’appréciation des produits structurés par les investisseurs retail :
- Risque de crédit : lié à l’émetteur, il peut évoluer tout au long de la vie du produit, notamment via la notation sur les marchés.
- Risque en capital : susceptible de s’aggraver en cas de fortes baisses des marchés ou d’événements extrêmes.
- Risque de volatilité : l’investisseur, vendeur de volatilité, est exposé à une hausse de celle-ci, souvent corrélée à la baisse des marchés sous-jacents.
- Risque d’allongement de la duration : lié à la non-exercice de l’auto-call, l’investisseur se retrouve en position de vente d’optionnalité.
- Biais de perception des paniers d’actifs : l’ajout de titres « de qualité » à un panier « worst-off » peut être perçu comme une amélioration, alors qu’il augmente simplement les risques globaux.
Le PRIIPS KID : un outil utile mais perfectible
Le document PRIIPS KID, obligatoire pour les produits structurés, permet une meilleure compréhension de leurs caractéristiques et une comparaison entre supports d’investissement. Cependant, son format synthétique limite son efficacité :
- Le risque de crédit reste difficile à évaluer, car noyé dans l’indicateur synthétique de risque (SRI).
- Les scénarios de performance ne précisent pas la probabilité d’occurrence des différents scénarios.
- Les coûts d’acquisition et de détention sont décrits de manière exhaustive, mais leur nature exacte et leur destinataire ne sont pas toujours clairs.
Le rôle clé des intermédiaires de commercialisation
Les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) jouent un rôle central dans la transmission des informations entre producteurs et investisseurs finaux. Leur formation et leur obligation de conseil en font des acteurs incontournables pour réduire l’asymétrie d’information. Pourtant, la perte d’information entre les deux extrémités de la chaîne de distribution reste maximale à ce stade.
Pour renforcer l’efficacité des dispositifs, l’auteur suggère de rapprocher les objectifs des différents documents fournis aux clients, en intégrant dans les brochures commerciales des informations complémentaires absentes du PRIIPS KID, en raison de son format synthétique.
La concurrence comme levier de transparence
La pression concurrentielle entre acteurs, qu’ils soient producteurs ou intermédiaires, peut contribuer à réduire les effets d’asymétrie d’information. Elle favorise également une baisse des coûts des produits structurés, tout en incitant à une meilleure communication sur leurs risques réels.
Source : OPADEO
À lire aussi
Un poste en compliance vous intéresse ?
GRACES publie des offres GRC exclusives et vous donne accès aux fourchettes de rémunération du marché — en toute confidentialité.