Veille réglementaire
L'AMF engage une consultation sur les simulations de performances financières pour les particuliers
OPADEO
L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a initié une série de consultations publiques portant sur plusieurs enjeux liés à l’épargne et à la finance, dont celui de la mise à disposition des investisseurs particuliers d’outils de simulation de performances financières futures. Ces dispositifs, désormais largement déployés par les acteurs de l’intermédiation financière – sociétés de gestion de portefeuille (SGP), réseaux bancaires, conseillers en investissements financiers (CIF), conseillers en investissements participatifs (CIP) ou encore plateformes digitales –, visent à éclairer les clients sur les perspectives de rendement de leurs placements.
Des outils pédagogiques aux limites structurelles
Si l’AMF reconnaît à ces simulateurs un rôle pédagogique indéniable, elle en pointe également les écueils récurrents : hypothèses de marché peu réalistes, résultats optimistes voire trompeurs, hétérogénéité des méthodologies employées, ou encore manque de transparence dans la présentation des scénarios. Ces constats s’inscrivent dans un contexte de marché particulièrement volatile, marqué par des taux d’intérêt négatifs, une rentabilité globale des placements financiers en baisse, et des épisodes de forte volatilité ou, à l’inverse, de stabilité artificielle.
Trois axes d’amélioration proposés par l’AMF
Pour encadrer ces pratiques et renforcer la protection des investisseurs, l’AMF formule trois recommandations principales :
- Harmoniser les obligations réglementaires en matière d’information client, afin de réduire les disparités entre les acteurs concernés et d’assurer une cohérence dans la présentation des risques.
- Intégrer des messages d’alerte standardisés, notamment sous forme de pop-ups ou de mentions obligatoires, pour sensibiliser l’investisseur avant toute utilisation du simulateur. L’objectif est de limiter les risques de validation hâtive des informations par les utilisateurs.
- Encadrer les bonnes pratiques méthodologiques pour les concepteurs et diffuseurs de ces outils, en insistant sur la nécessité de recourir à des hypothèses de marché réalistes et cohérentes avec l’horizon de simulation retenu.
Au-delà des simulations : l’essentiel reste l’information sur les risques
Si les simulateurs de performances constituent un support complémentaire, l’AMF rappelle que l’information sur les risques – déjà encadrée par des documents réglementaires tels que le DICI ou le SRRI – doit rester au cœur du dialogue entre le conseiller et son client. L’enjeu n’est pas seulement de fournir des données techniques, mais de s’assurer que l’investisseur en comprend les implications concrètes : exposition au risque de taux, au risque actions, ou encore au risque de sélection des actifs. La pédagogie du conseiller joue ici un rôle central, notamment pour illustrer les scénarios défavorables et expliquer les mesures de mitigation envisageables.
Source : OPADEO
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