Événements
Colloque AFA : Bilan des dispositifs d'alerte et signalement contre la corruption
AFA — Agence française anticorruption
Contexte et objectifs du colloque
L’Agence Française Anticorruption (AFA) a réuni experts, acteurs publics et privés pour évaluer les dispositifs d’alerte et de signalement des atteintes à la probité. L’événement a permis de dresser un bilan des mécanismes existants, neuf ans après l’adoption de la loi Sapin II, et d’identifier les axes d’amélioration pour renforcer leur efficacité.
Les mécanismes d’alerte : interne et externe
La lutte contre la corruption repose sur deux canaux complémentaires : l’alerte interne, au sein des organisations, et l’alerte externe, ouverte aux citoyens et aux lanceurs d’alerte. La loi Sapin II a institutionnalisé ces dispositifs, tandis que la loi Waserman a renforcé leur cadre juridique et la protection des lanceurs d’alerte. Ces mécanismes visent à détecter les infractions et à garantir la transparence des activités économiques et administratives.
Enjeux du recueil et du traitement de l’alerte interne
Deux tables rondes ont été consacrées aux défis liés à l’alerte interne, tant dans le secteur public que privé. Les participants ont souligné la solidité du cadre juridique, mais ont pointé son appropriation insuffisante par les administrations et les entreprises. Plusieurs pistes d’amélioration ont été proposées pour optimiser la détection et le traitement des signalements, notamment en clarifiant les procédures et en renforçant la formation des acteurs.
L’alerte externe : un levier de détection en expansion
L’alerte externe, facilitée par les Autorités Externes de Recueil de Signalements (AERS), connaît une hausse significative des signalements. Cette dynamique, bien que positive, génère des défis en matière de traitement, de protection des lanceurs d’alerte et de coordination entre les acteurs. Les échanges ont permis de dresser un état des lieux des pratiques actuelles et d’esquisser des solutions pour répondre aux attentes des citoyens et des lanceurs d’alerte.
Protection des auteurs de signalements dans un contexte de criminalité organisée
Les signalements liés à la criminalité organisée soulèvent des enjeux spécifiques en matière de protection des lanceurs d’alerte. Les travaux ont mis en lumière les risques de représailles et les freins à la dénonciation, malgré les dispositifs existants. Une analyse comparative des expériences française et italienne, enrichie par l’expertise de l’ONUDC, a permis d’identifier des bonnes pratiques pour renforcer la sécurité des auteurs de signalements, y compris dans des contextes où ils pourraient être impliqués dans les faits dénoncés.
Perspectives et recommandations
Le colloque a permis de dégager plusieurs pistes pour améliorer les dispositifs d’alerte et de signalement. Parmi elles, la nécessité de renforcer l’articulation entre les acteurs, d’adapter les procédures aux spécificités des secteurs public et privé, et de garantir une protection renforcée des lanceurs d’alerte, notamment dans les contextes à haut risque. Ces recommandations s’inscrivent dans une dynamique plus large de lutte contre la corruption et les atteintes à la probité.
Source : AFA — Agence française anticorruption ↗
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