Veille réglementaire
Financement de l'innovation : un paradoxe entre abondance de liquidités et pénurie de fonds propres
OPADEO
L’innovation, moteur de croissance à long terme, se heurte à un paradoxe structurel : les besoins en fonds propres des entreprises innovantes restent largement insatisfaits, alors que les liquidités n’ont jamais été aussi abondantes à l’échelle mondiale.
Un déséquilibre persistant entre offre et demande de capital
Les pourvoyeurs traditionnels de capital – bourses, banques, assureurs et entreprises via le corporate venture – voient leur contribution au financement de l’innovation se réduire. Les contraintes prudentielles renforcées limitent l’engagement des acteurs financiers régulés, tandis que les marchés boursiers, cycliques par nature, ne constituent pas toujours une solution adaptée pour des entreprises encore en phase de preuve.
Les limites des dispositifs existants
Les mécanismes incitatifs, tels que les FCPI ou les fonds dédiés, peinent à mobiliser l’épargne des particuliers. Leur attractivité s’érode en raison d’un environnement fiscal moins favorable et de performances globales jugées insuffisantes. Les initiatives récentes, comme les ELTIF ou les fonds EuVECA, bien que bienvenues, sont perçues comme trop modestes pour répondre à l’ampleur des besoins.
Le crowdfunding et le rôle des acteurs émergents
Le crowdfunding émerge comme une piste complémentaire, portée par des avancées réglementaires récentes en France. Cependant, son impact reste marginal face à l’ampleur des besoins. Une réorientation plus ambitieuse de l’épargne vers le financement en fonds propres de l’innovation s’impose, au-delà des mesures actuelles.
Source : OPADEO
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