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Veille réglementaire

GAFI : Hawala et Underground Banking, menaces LCB-FT

Le blog de la LCBFT · 23/09/2026

Le Groupe d’Action Financière (GAFI) met en lumière l’essor des réseaux parallèles de blanchiment professionnel, notamment l’hawala et l’Underground Banking, dans un rapport récent. Ces circuits informels, traditionnellement associés à des infractions fiduciaires, s’hybrident désormais avec les technologies financières modernes.

Panorama mondial des circuits parallèles

Près de 90 % des pays interrogés par le GAFI confirment la présence active de ces réseaux sur leur territoire. Leur fonctionnement repose sur des transferts transfrontaliers sans mouvement physique de fonds, via des intermédiaires locaux et des opérateurs partenaires. Les compensations s’effectuent ultérieurement par divers arrangements, souvent opaques.

Transformation numérique des réseaux criminels

Le GAFI souligne l’émergence d’un Hawala numérique, où les transferts s’initient via des applications bancaires, portefeuilles mobiles ou néo-banques. Les opérateurs règlent leurs positions en coulisses, notamment via des stablecoins, pour contourner les contraintes des marchés traditionnels.

Typologies criminelles illustrées

  • Blanchiment par compensation de main à main : en Belgique, des groupes criminels échangeaient des espèces contre des virements bancaires compensatoires via des sociétés écrans, justifiés par de fausses factures.
  • Règlements hybrides en crypto-actifs : en Turquie, des réseaux utilisent des PSAN et des comptes mules pour convertir des fonds en stablecoins, puis les reconvertir en monnaie fiduciaire via des commerces de métaux précieux.
  • Financement du terrorisme par circuits masqués : un réseau numérique en Turquie finançait Daech via de faux commerces (boutiques de téléphonie, bijouteries) et des reçus numériques partagés sur des messageries cryptées.

Obstacles réglementaires et opérationnels

Les cellules de renseignement financier (CRF) et les services d’enquête font face à des défis majeurs. La fragmentation des définitions légales entre pays crée des asymétries réglementaires exploitées par les réseaux criminels. L’accès à des outils du secteur réglementé, comme les IBAN virtuels ou les cartes prépayées, complexifie la traçabilité des flux.

Les structures écrans, les intermédiaires spécialisés (avocats, comptables) et les registres informels chiffrés renforcent l’opacité systémique. Les enquêtes peinent à reconstituer la chaîne financière en raison de ces dispositifs.

Recommandations du GAFI pour contrer ces réseaux

  • Changement de paradigme opérationnel : cibler les chaînes de blanchiment dans leur ensemble et le commandement des réseaux, plutôt que des transactions isolées.
  • Partenariats public-privé ciblés : développer des collaborations pour partager des renseignements tactiques et des typologies concrètes, notamment aux points d’entrée et de sortie des fonds.
  • Techniques de détection innovantes : renforcer les capacités d’identification des prestataires clandestins via des opérations d’achats mystères ou des enquêtes infiltrées.
  • Promotion de l’inclusion financière : faciliter l’accès des populations au secteur financier réglementé pour réduire leur dépendance envers les circuits parallèles.

Source : Le blog de la LCBFT ↗

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