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Panorama des Conseillers en Investissements Financiers en 2021 : structure, rémunération et enjeux de conformité

OPADEO

L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a publié une analyse détaillée des Conseillers en Investissements Financiers (CIF) pour l’année 2021, offrant un éclairage sur leur structure, leur rémunération et leur activité. Cette étude met en lumière une progression significative de la population des CIF, ainsi que des disparités dans la répartition de leur chiffre d’affaires.

Une population en hausse et une domination des CIF CGP

Au 31 décembre 2021, l’AMF recense 5 914 CIF, soit une progression de 6 % par rapport à l’année précédente. Parmi eux, 94 % sont des Conseillers en Gestion de Patrimoine (CIF CGP), qui représentent 75 % du chiffre d’affaires total des CIF. Les CIF Institutionnels (CIF INSTIT), minoritaires, constituent 6 % de la population et génèrent 25 % du chiffre d’affaires.

Les CIF CGP conseillent majoritairement des parts ou actions d’OPC (Organismes de Placement Collectif), à hauteur de 73 %. Leur rémunération repose principalement sur des rétrocessions de droits d’entrée (72 %), suivies des frais de gestion sur les produits conseillés (18 %) et des honoraires (10 %). Seuls 6 % des CIF CGP se déclarent indépendants.

Une concentration marquée du chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires total des CIF (CGP et INSTIT) atteint 3,6 milliards d’euros en 2021, en hausse de 40 % par rapport à 2020. Le chiffre d’affaires strictement lié à l’activité de conseil en investissements financiers (CIF stricto sensu) s’élève à 0,76 milliard d’euros, soit 21 % de l’activité totale. Le chiffre d’affaires médian des CIF est de 128 000 euros (toute activité confondue) et de 15 000 euros pour l’activité CIF stricto sensu.

La concentration du chiffre d’affaires est particulièrement marquée : les 50 CIF les plus importants génèrent 47 % du total, les 500 suivants 36 %, et les 4 915 restants 17 %. En moyenne, le chiffre d’affaires des CIF s’élève à 690 000 euros (toute activité) et à 140 000 euros pour l’activité CIF stricto sensu.

Parmi les CIF CGP, le chiffre d’affaires total atteint 2,5 milliards d’euros en 2021, en progression par rapport à 2020. Le chiffre d’affaires CIF stricto sensu s’élève à 0,57 milliard d’euros, soit 21 % de l’activité totale. Le chiffre d’affaires médian des CIF CGP est de 125 000 euros (toute activité) et de 14 000 euros pour l’activité CIF stricto sensu. Les 50 CIF CGP les plus importants concentrent 48 % du chiffre d’affaires total, les 500 suivants 33 %, et les 4 915 restants 18 %. En moyenne, le chiffre d’affaires des CIF CGP s’élève à 493 000 euros (toute activité) et à 113 000 euros pour l’activité CIF stricto sensu.

Par ailleurs, 18 % des CIF CGP (soit 888 CIF) n’ont déclaré aucune activité CIF pour l’exercice 2021. L’effectif moyen par cabinet reste stable, avec trois personnes. Parmi les CIF, 23 % sont des CIF IAS IOB CarteT, et 46 % des CIF CGP disposent de la compétence juridique appropriée (CJA). Enfin, 1 794 cabinets, soit 35 % des CIF CGP, appartiennent à un réseau ou un groupement.

Des manquements de conformité sanctionnés

Une sanction récente de l’AMF illustre les risques de non-conformité encourus par les CIF. Dans ce dossier, le cabinet Cougar Invest a été sanctionné pour plusieurs manquements graves, notamment en matière de délit d’initié et de transparence des rémunérations.

Les griefs retenus contre le CIF incluent la réalisation d’opérations d’initiés pour ses clients, sur la base d’informations privilégiées concernant un contrat remporté par MND. Les lettres de mission transmises aux clients étaient strictement identiques et non adaptées à leurs profils, mentionnant une rémunération nulle pour l’étude patrimoniale et évoquant uniquement la possibilité d’honoraires sans précision sur leur montant. De plus, ces lettres comportaient des informations générales sur des scénarios de commissions, privant les clients d’une transparence sur la rémunération effectivement perçue.

L’absence de rapports d’évaluation périodique a également été relevée : aucun document n’a été adressé aux clients pour les informer des coûts et frais supportés, ni pour vérifier l’adéquation des conseils fournis à leurs besoins et situations. Enfin, les déclarations d’adéquation transmises aux enquêtrices étaient soit antérieures aux opérations réalisées, soit des copies non adaptées de documents établis pour d’autres clients, sans mention spécifique au produit conseillé.

Source : OPADEO

Source : OPADEO

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