Veille réglementaire
PCA : une priorité face aux risques pandémiques pour les acteurs de l'épargne et de la finance
OPADEO
La pandémie de coronavirus a mis en lumière l’urgence d’adapter les dispositifs de continuité d’activité (PCA) aux risques émergents. Les acteurs de l’épargne et de la finance, encadrés par l’AMF et l’ACPR, doivent désormais intégrer ces nouvelles menaces dans leur gestion des risques opérationnels.
Des risques traditionnels aux menaces épidémiques
Historiquement, les PCA étaient conçus pour répondre à des risques classiques : pannes techniques, cyberattaques ou inaccessibilité des locaux. Cependant, l’émergence de risques systémiques comme les épidémies (SRAS, COVID-19) impose une refonte des approches. Chaque type de menace génère des contraintes spécifiques, nécessitant des réponses adaptées et une anticipation renforcée.
Les contraintes opérationnelles induites par une pandémie
Trois principaux facteurs perturbent la continuité des activités en période épidémique :
- L’absentéisme massif : fermeture des établissements scolaires, quarantaines ou incapacités physiques des collaborateurs.
- L’indisponibilité des sites : interruption des transports, mesures de confinement ou restrictions de déplacement.
- Les dysfonctionnements des flux critiques : coupures électriques, défaillances des réseaux ou saturation des infrastructures.
Cartographie et préparation : les piliers d’un PCA efficace
Pour garantir la résilience, une cartographie exhaustive s’impose. Elle doit identifier :
- Les personnes clés et leurs rôles, ainsi que les collaborateurs fragiles nécessitant des mesures de protection adaptées.
- Les tâches critiques dont la suspension compromettrait la continuité des services.
- Les logiciels essentiels et leur accessibilité en mode distant.
Cette analyse permet d’anticiper les scénarios de télétravail et de désigner des back-up pour les fonctions vitales.
Télétravail et sécurisation des accès : des impératifs opérationnels
Le recours au télétravail impose des prérequis techniques et organisationnels :
- Mise en place d’un accès sécurisé à distance (VPN, solutions cloud) pour l’ensemble des collaborateurs.
- Centralisation des coordonnées professionnelles (collaborateurs, clients, fournisseurs) pour maintenir les échanges.
- Déploiement d’outils de visioconférence et de messagerie sécurisés.
- Préparation des collaborateurs à l’utilisation des systèmes critiques (accès aux bases financières, gestion des ordres).
Pour les sociétés de gestion, la sécurisation des enregistrements de conversations et des flux de données doit être renforcée.
Communication de crise : un volet souvent sous-estimé
Un PCA ne saurait être efficace sans une stratégie de communication claire et préétablie. Elle doit couvrir :
- La diffusion interne des consignes et des canaux de transmission autorisés.
- La coordination avec les parties prenantes (banques, actionnaires, régulateurs).
- La transparence envers les clients sur les mesures prises et les éventuels impacts.
L’objectif est d’éviter les rumeurs et de maintenir la confiance dans un contexte de crise prolongée.
Tester et actualiser : la clé de la pérennité
Un PCA, même bien conçu, peut révéler des failles lors de sa mise en œuvre. Il est donc essentiel de :
- Simuler des scénarios pour identifier les points de rupture.
- Former les équipes aux procédures d’urgence et aux outils de secours.
- Actualiser régulièrement le plan en fonction des retours d’expérience et des évolutions réglementaires.
L’ICCI, via ses ateliers, souligne l’importance de ces tests pour garantir une réponse opérationnelle immédiate en cas de nouvelle crise sanitaire.
Source : OPADEO
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