Rapport annuel bilan
Rapport Annuel AFG 2025 : Les 7 Chantiers de la Gestion d'Actifs
Viritta MEY BALOUKA · 10/07/2026
Focus — Rapport Annuel AFG 2025 : Les 7 Chantiers Stratégiques de la Gestion d'Actifs
L'Association Française de la Gestion financière (AFG) a publié, le 15 juin 2026, son rapport annuel pour l'année 2025. Présenté dans un format renouvelé, plus synthétique et éditorialisé, ce document clé dresse le bilan d'une année dense et trace les perspectives d'un secteur en pleine mutation. Articulé autour du fil conducteur « relier l’individuel au collectif », le rapport met en lumière les défis majeurs et les opportunités pour les acteurs de la gestion d'actifs française.
Au-delà d'un simple exercice de rétrospective, ce rapport constitue une feuille de route stratégique pour l'ensemble de l'écosystème. L'enjeu principal est de positionner l'épargne comme le vecteur essentiel de financement des grandes transformations économiques, tout en naviguant dans un environnement réglementaire et concurrentiel de plus en plus complexe.
💡 Sujet/Concept clé : de quoi parle-t-on ?
L'AFG est l'organisation professionnelle qui représente et défend les intérêts des sociétés de gestion d'actifs en France, un secteur qui pèse plusieurs milliers de milliards d'euros. Son rapport annuel n'est pas qu'un bilan d'activité ; il s'agit d'un document politique et stratégique qui synthétise les préoccupations, les combats et les ambitions de toute une profession. Il sert de baromètre pour comprendre les tendances de fond, les pressions réglementaires anticipées et les axes de développement prioritaires pour les SGP, qu'elles soient des géants du secteur ou des boutiques spécialisées.
Le périmètre couvert est vaste : il englobe la gestion collective (OPCVM, FIA), la gestion sous mandat, l'épargne salariale, l'épargne retraite et le capital-investissement. Géographiquement, si le focus est français, la dimension européenne est omniprésente, la majorité de la réglementation étant d'origine communautaire et la compétitivité se jouant à l'échelle du continent. Ce rapport s'inscrit dans un contexte post-pandémique marqué par une inflation persistante, des tensions géopolitiques et une accélération sans précédent de la réglementation, notamment sur les volets de la finance durable (SFDR, Taxonomie) et du numérique (DORA, MiCA).
La base légale et réglementaire
Le rapport de l'AFG fait écho à un corpus réglementaire dense et en constante évolution. Chaque enjeu soulevé renvoie à des textes fondamentaux que tout Compliance Officer doit maîtriser. La compétitivité européenne est directement liée aux directives AIFM et OPCVM, qui encadrent la gestion et la commercialisation des fonds, ainsi qu'au projet d'Union des Marchés de Capitaux (UMC) visant à fluidifier les investissements transfrontaliers.
La finance durable est sans conteste le domaine le plus dynamique. Le règlement SFDR (Disclosure) impose des obligations de transparence sur la prise en compte des risques de durabilité et des incidences négatives. Le règlement Taxonomie définit un cadre pour identifier les activités économiques durables sur le plan environnemental. La directive CSRD, en renforçant le reporting de durabilité des entreprises, impacte directement la qualité des données ESG disponibles pour les gérants. L'AMF encadre très strictement la communication en la matière, notamment via sa doctrine sur le 'greenwashing' (Position-recommandation DOC-2020-03).
Enfin, l'innovation technologique est désormais encadrée par le règlement DORA (Digital Operational Resilience Act), qui fixe des exigences strictes en matière de résilience opérationnelle numérique pour le secteur financier, de la gestion des risques informatiques à la déclaration des incidents. Pour l'épargne retraite et salariale, la Loi PACTE de 2019 a profondément remodelé le paysage en créant le Plan d'Épargne Retraite (PER), dont les modalités sont précisées dans le Code monétaire et financier.
Analyse : Les 7 Chantiers Prioritaires de la Gestion d'Actifs Française
Le rapport de l'AFG s'articule autour de sept thématiques qui constituent le cœur des préoccupations du secteur. Le premier chantier, la compétitivité européenne, souligne la bataille permanente que mène la Place de Paris face à ses concurrentes comme Dublin et Luxembourg. Il s'agit de défendre un cadre réglementaire et fiscal attractif, d'alléger les charges administratives inutiles et de promouvoir l'expertise française, notamment dans la gestion de conviction et l'investissement durable.
Le développement de l'épargne longue et de l'épargne salariale/retraite sont deux piliers de la stratégie. Dans un contexte de besoins massifs de financement pour la transition écologique et la réindustrialisation, l'enjeu est de mieux orienter l'épargne des Français vers des placements à long terme. Cela passe par la promotion de produits comme le PER et les fonds de capital-investissement, tout en garantissant une protection adéquate de l'épargnant.
La finance durable reste le défi majeur. Au-delà de la simple conformité réglementaire, il s'agit de transformer une contrainte en opportunité. Les sociétés de gestion doivent industrialiser la collecte et l'analyse de données extra-financières, intégrer les critères ESG dans leurs processus d'investissement et surtout, éviter l'écueil du greenwashing, sous l'œil vigilant de l'AMF. L'innovation technologique est le cinquième chantier, vu à la fois comme un levier d'efficacité (IA, blockchain) et une source de risques nouveaux (cybersécurité), désormais encadrés par DORA.
Enfin, le rapport insiste sur l'importance de l'éducation financière pour renforcer la confiance des épargnants et leur permettre de faire des choix éclairés, un enjeu de protection de la clientèle crucial. Le dernier point, l'accompagnement des sociétés de gestion, réaffirme le rôle de l'AFG comme soutien opérationnel pour ses membres, en particulier les plus petites structures, face à la complexité réglementaire croissante.
Ce que ça change opérationnellement (Plan d'action)
Pour les équipes Conformité et Risques, ce rapport n'est pas une simple lecture, c'est un outil de pilotage. Voici un plan d'action en 6 points :
- 1. Mettre à jour la cartographie des risques 2026 : Intégrer les 7 chantiers de l'AFG comme des facteurs de risques potentiels ou avérés. Évaluer spécifiquement le risque de non-conformité lié à DORA, le risque de réputation lié au greenwashing et le risque opérationnel lié à la qualité des données ESG.
- 2. Renforcer le plan de contrôle sur la finance durable : Aller au-delà du simple contrôle de la documentation. Vérifier la cohérence entre les promesses commerciales, la documentation réglementaire (prospectus), le reporting et la réalité de la gestion en portefeuille. Formaliser les due diligences sur les fournisseurs de données ESG.
- 3. Lancer un 'Stress Test' DORA : Avant même l'entrée en application complète, simuler des scénarios de crise cyber pour tester la robustesse des dispositifs de gouvernance, de gestion des incidents et de communication, comme exigé par le règlement.
- 4. Auditer le parcours client et la documentation commerciale : Sous l'angle de l'éducation financière, s'assurer que les informations fournies aux clients sont claires, non trompeuses et adaptées à leur niveau de connaissance, en particulier pour les produits complexes ou durables.
- 5. Planifier des sessions de formation ciblées : Organiser des formations pour les gérants et les commerciaux sur les dernières évolutions de la doctrine AMF en matière de finance durable et pour les équipes IT et Risques sur les exigences opérationnelles de DORA.
- 6. Benchmarker les pratiques de place : Utiliser les publications et les groupes de travail de l'AFG pour comparer les dispositifs de conformité de votre société avec ceux de vos pairs, notamment sur des sujets nouveaux comme l'intégration de l'IA ou la gestion des risques de durabilité.
Sources :
Source : Viritta MEY BALOUKA ↗