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Règlementation européenne : la CJUE clarifie l'usage des données personnelles comme preuve en procédure judiciaire

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La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rendu un arrêt déterminant concernant l'application du Règlement général sur la protection des données (RGPD) dans le cadre de l'utilisation de données personnelles comme éléments de preuve devant les juridictions nationales.

Décision clé sur l'admissibilité des preuves

Dans le cadre de l'affaire C-484/24, renvoyée par la Cour du travail supérieure de Basse-Saxe (Allemagne), la CJUE a statué sur plusieurs points fondamentaux relatifs à l'interprétation des dispositions du RGPD en matière de preuve judiciaire.

  • Autonomie des juridictions nationales : Les juridictions nationales ne sont pas tenues de prévoir dans leur droit procédural les conditions d'utilisation des données personnelles comme preuve, à condition que leur jurisprudence établisse des critères clairs, objectifs et proportionnés.
  • Condition de licéité distincte : L'article 17(3)(e) du RGPD ne constitue pas une condition autonome de licéité du traitement des données. La licéité doit être appréciée au regard de l'article 6(1) du RGPD.
  • Principe de minimisation des données : Le principe de minimisation (article 5(1)(c) RGPD) ne nécessite pas une analyse de proportionnalité exhaustive pour chaque élément de preuve, dès lors que les conditions de l'article 5(1)(c) sont respectées.
  • Preuves issues de violations : Les juridictions peuvent utiliser des données personnelles obtenues en violation des droits à la vie privée par la partie adverse, sous réserve que leur divulgation soit strictement limitée aux informations nécessaires.
  • Obligations d'information : Le non-respect par une partie des obligations d'information prévues à l'article 13 du RGPD ne fait pas obstacle à l'utilisation des données collectées comme preuve.
  • Protection des tiers : Les juridictions doivent respecter le RGPD lors du traitement des données personnelles relatives à des tiers, mais le droit de l'UE n'impose pas à une partie de se fonder sur des violations du RGPD commises à l'encontre de ces tiers.

Implications pour les acteurs judiciaires

Cette décision de la CJUE apporte des clarifications essentielles pour les juridictions nationales, les avocats et les parties prenantes dans les procédures judiciaires impliquant des données personnelles. Elle souligne l'importance d'une interprétation cohérente du RGPD dans le cadre probatoire, tout en préservant les droits fondamentaux des individus.

Source : Digital https://digitalpolicyalert.org/

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