Veille réglementaire
Analyse sectorielle des risques LCB-FT : méthodologie et cartographie selon l'AMF
OPADEO
L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) publie une analyse sectorielle dédiée aux risques de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme (LCB-FT), offrant une vision structurée des menaces pesant sur les acteurs de la finance et de l’épargne. Ce document rappelle le cadre réglementaire applicable, les instances compétentes et le principe fondamental de l’approche par les risques, pilier de la lutte contre le blanchiment.
Principales menaces identifiées par l’AMF
L’analyse met en lumière plusieurs risques émergents ou persistants, notamment :
- La commercialisation de produits atypiques par les Conseillers en Investissements Financiers (CIF) ;
- Les pratiques commerciales frauduleuses touchant divers supports d’investissement ou de trading ;
- Les investissements dans les crypto-actifs ;
- Les effets indirects du Brexit, du développement des Fintech et Regtech, ou encore du phénomène de « de-risking », qui exclut progressivement les clients jugés à risque des circuits financiers les plus régulés.
Méthodologie d’évaluation des risques LCB-FT
L’AMF distingue deux axes d’analyse pour évaluer le risque LCB-FT :
- Les menaces : exposition du produit, du secteur ou de l’acteur au risque de blanchiment, classée en « Faible », « Modéré » ou « Élevé » ;
- Les vulnérabilités : caractéristiques intrinsèques rendant le produit, le secteur ou l’acteur plus ou moins exposé, également évaluées selon les mêmes niveaux.
La combinaison de ces deux axes permet d’établir une matrice de risque global, offrant une visualisation claire des zones à risque pour chaque secteur ou produit analysé.
Cartographie des risques par secteur
L’AMF présente une matrice des résultats par secteur, révélant des disparités significatives :
- La gestion collective d’instruments financiers cotés affiche un risque LCB-FT global « Faible » ;
- La gestion d’actifs immobiliers, le capital-investissement, la gestion sous mandat (GSM) et l’activité de conseil en investissement des CIF se situent en zone de risque « Modéré » ;
- Les Conseillers en Investissement Participatif (CIP) et les émetteurs d’ICO présentent un risque global « Élevé », en raison de leur cadre réglementaire moins mature et de leur attractivité pour des acteurs malveillants.
Un outil pour affiner la cartographie des risques
L’approche proposée par l’AMF se veut flexible et adaptable. En croisant des critères tels que le positionnement de l’acteur, la nature des produits, les canaux de distribution ou la typologie de la clientèle, les entités peuvent enrichir leur cartographie des risques LCB-FT. Cette démarche permet d’identifier avec précision les zones à risque maximal et de mettre en place des dispositifs de réponse proportionnés, intégrant à la fois les menaces, les vulnérabilités et les mesures de protection internes.
Source : OPADEO
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