Veille réglementaire
Conjoncture économique et stratégies industrielles au Japon et en Corée du Sud – Bilan bimensuel
Trésor France
Contexte macroéconomique japonais : ajustements et perspectives
La Banque du Japon (BoJ) a révisé à la baisse ses prévisions d’inflation, confirmant l’impossibilité d’atteindre l’objectif de 2 % sous le mandat du gouverneur Haruhiko Kuroda. Les projections médianes du conseil d’administration de la BoJ anticipent une inflation « core » (hors produits alimentaires frais) de 0,1 % pour l’exercice 2021 et de 0,8 % pour 2022, dernière année du mandat actuel. Cette révision s’inscrit dans la continuité d’une décennie de politique monétaire accommodante, marquée par des achats massifs d’actifs et des taux zéro pour les banques commerciales.
Les analystes de Nomura estiment que cette orientation devrait se prolonger, y compris sous la gouvernance du prochain gouverneur. Hideo Kumano, économiste à l’Institut de recherche sur la vie de Dai-ichi, souligne que malgré un rebond post-vaccination attendu, l’inflation japonaise resterait structurellement faible (< 1 %) en raison du vieillissement démographique et du déclin de la population active.
Décisions énergétiques et impacts sectoriels au Japon
Le gouvernement japonais a acté, après consultation de l’AIEA, le rejet en mer des eaux de refroidissement partiellement traitées de la centrale de Fukushima, malgré l’opposition des acteurs de la pêche. Cette décision, motivée par la saturation des capacités de stockage, concerne environ 1,2 million de tonnes d’eaux contenant du tritium radioactif. L’opération est prévue pour avril 2023, aggravant la situation d’un secteur déjà sinistré depuis 2011. En 2018, les prises de pêche à Fukushima ne représentaient que 15 % de leur niveau de 2010.
Parallèlement, TEPCO et le ministère de l’Agriculture testent des solutions d’aquaculture utilisant ces eaux pour évaluer les risques résiduels. Par ailleurs, le NARO a développé un accélérateur de pigmentation de fruits à base de LED, commercialisable dès 2021, afin de compenser les effets du changement climatique sur la coloration des productions agricoles et renforcer leur valeur marchande.
Coopération nippo-américaine et ambitions climatiques
Le Premier ministre japonais a renforcé le partenariat avec les États-Unis lors d’une visite à Washington, notamment sur les enjeux climatiques. Lors du Sommet climat organisé par l’administration Biden, le Japon a annoncé un objectif de réduction de 46 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (contre -26 % précédemment), avec une trajectoire visant 50 %. Cet engagement s’accompagne d’un partenariat bilatéral incluant la mise en œuvre de l’Accord de Paris, le soutien à la décarbonation en Indo-Pacifique, et des collaborations dans les domaines de l’hydrogène, du stockage du carbone et du nucléaire.
Stratégies industrielles : Honda et la transition énergétique
Honda Motor a annoncé un objectif de 100 % de véhicules électriques ou à hydrogène d’ici 2040, avec des étapes intermédiaires à 40 % en 2030 et 80 % en 2035. Pour y parvenir, le groupe investira 5 000 milliards de yens (38,5 milliards d’euros) en R&D sur six ans et restructurera ses lignes de production. Cette accélération s’inscrit dans un contexte de pression réglementaire et de demande consommateur, renforçant l’alliance avec General Motors pour mutualiser les plateformes de production.
Croissance économique en Corée du Sud : rebond post-crise
Le PIB coréen a progressé de 1,8 % en glissement annuel au premier trimestre 2021, dépassant son niveau pré-crise selon les données préliminaires de la Banque de Corée (BoK). Cette croissance de 1,6 % en glissement trimestriel dépasse les anticipations initiales.
Source : Trésor France
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