Veille réglementaire
Dynamique économique et réglementaire en ASEAN : levées de fonds, politiques monétaires et enjeux sectoriels
Trésor France
L’Asie-Pacifique enregistre une progression marquée des transactions de capital-risque, avec un volume de 152 milliards de dollars levés sur les neuf premiers mois de 2021, soit une hausse de 28 % par rapport à l’année précédente. Cette dynamique s’accompagne d’une concentration des financements autour des séries B et D, reflétant une maturité croissante des écosystèmes entrepreneuriaux. L’Asie du Sud-Est se distingue par l’émergence de trois « décacornes » (Grab, GoTo Group et Sea), illustrant l’attractivité de la région pour les investisseurs internationaux.
Stratégies d’investissement et repositionnement géographique
Les family offices renforcent leur présence dans le capital-risque en Asie du Sud-Est, comme en témoigne la création par JL Family Office à Singapour de Odyssey Venture Holdings, une structure dédiée au private equity et au venture capital. Par ailleurs, les incertitudes persistantes sur le marché chinois incitent les investisseurs à diversifier leurs portefeuilles vers l’Inde, l’Indonésie et le Vietnam, perçus comme des relais de croissance.
Taïwan renforce ses liens économiques avec l’ASEAN via sa « nouvelle politique en direction du sud », lancée en 2016. Cette initiative vise à approfondir la coopération commerciale, les échanges de talents et la connectivité régionale, avec un accent sur des secteurs stratégiques tels que les semi-conducteurs, les soins de santé et l’agriculture. Les investissements directs étrangers (IDE) de Taïwan en Asie du Sud-Est ont représenté 37 % de son total sur les onze premiers mois de 2021, dépassant ceux dirigés vers la Chine.
Enjeux environnementaux et impacts sectoriels
La Commission du Mékong alerte sur des débits fluviaux historiquement bas, enregistrés sur les trois dernières années, avec des répercussions majeures sur les secteurs de la pêche et de l’agriculture. Les populations du Delta du Mékong sont particulièrement exposées, nécessitant des mesures correctives telles que l’optimisation des réservoirs et des barrages hydroélectriques, ainsi que le renforcement des capacités de stockage d’eau pour atténuer les effets des sécheresses.
Politiques monétaires et réformes structurelles
En Indonésie, la Banque centrale (BI) maintient son taux directeur à 3,5 %, tout en engageant une phase de normalisation de sa politique de liquidité. À compter du 1er mars, le taux de réserve obligatoire est relevé à 5 %, avec une progression progressive sur l’année. Cette mesure vise à absorber environ 200 000 milliards de roupies indonésiennes de liquidités. Parallèlement, la BI adopte une posture « pro-stabilité », visant à préserver la valeur de la roupie et la stabilité du marché obligataire.
Le parlement indonésien a adopté en urgence la loi relative à la nouvelle capitale, Nusantara, dont le budget initial s’élève à 467 000 milliards de roupies (33 milliards de dollars). La première phase, prévue jusqu’en 2024, portera sur le développement des infrastructures essentielles, incluant les accès, la production d’énergie, les télécommunications et les barrages. Des interrogations subsistent quant à l’engagement des investisseurs privés dans ce projet, dont le financement pèsera lourdement sur les finances publiques.
En Malaisie, la Banque centrale (Bank Negara Malaysia) conserve son taux directeur à 1,75 %, un niveau historiquement bas maintenu depuis juillet 2020. Malgré des signes de reprise économique, la banque centrale souligne la persistance des risques sur les chaînes d’approvisionnement et une inflation moyenne modérée à 2,3 % sur les onze premiers mois de l’année.
Régulation des cryptoactifs en Indonésie
Plusieurs organisations islamiques indonésiennes ont émis des fatwas déclarant haram les cryptoactifs, à l’exception des actifs respectant des mécanismes de livraison fondés sur la valeur, l’offre et la demande, ainsi que des garanties de sécurité. Ces conditions pourraient être satisfaites par la future plateforme d’échange cryptographique de la Bourse indonésienne des matières premières et dérivés (ICDX), prévue pour le premier trimestre 2022. Malgré ces réserves, le volume des transactions en cryptoactifs en Indonésie a atteint 859 400 milliards de roupies (60 milliards de dollars) en 2021, confirmant l’importance de ce marché.
Source : Trésor France
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