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Produits structurés : l'AMF publie son bilan décennal sur leur complexité et leur commercialisation

OPADEO

L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a publié en début d’année une étude approfondie sur la commercialisation des produits structurés en France, marquant une décennie depuis la publication de son référentiel DOC 2010-05. Ce document, actualisé à plusieurs reprises, constitue une référence pour l’encadrement de ces instruments financiers complexes.

Évolution du marché des produits structurés

L’analyse de l’AMF met en lumière plusieurs tendances structurelles du marché. Les OPCVM à formule ont progressivement cédé la place aux titres de créance négociables (TCN) et aux euro medium term notes (EMTN), qui dominent désormais les volumes échangés. Les sous-jacents actions restent prépondérants, suivis par les OPC et autres actifs. Par ailleurs, la maturité théorique des produits s’est allongée, avec une majorité de structures dépassant huit ans, bien que les clauses de remboursement anticipé réduisent l’écart entre maturité théorique et effective.

Un autre constat marquant réside dans la diminution progressive des garanties en capital, conséquence directe de l’environnement de taux bas persistant. Ainsi, le produit structuré type en 2020 se caractérise par une structure EMTN action, une durée de vie de huit ans, une clause de remboursement anticipé et une absence de garantie en capital.

Complexité des produits : une stabilité globale masquant des évolutions contrastées

L’AMF évalue la complexité des produits structurés selon quatre critères principaux :

  • Le nombre de mécanismes intégrés dans la formule (levier, sélection de titres, remboursement anticipé, etc.) ;
  • Le nombre de « nœuds » dans l’arbre de décision, dont l’augmentation rend le calcul du rendement final plus opaque ;
  • Le nombre de scénarios conditionnels affectant le rendement (exprimés par des termes comme « si », « tant que », « dans le cas contraire ») ;
  • La complexité intrinsèque du sous-jacent.

Les résultats de l’étude révèlent une complexité globale stable, mais avec des évolutions notables. Si le nombre de mécanismes par produit avait initialement diminué après 2010, il a depuis augmenté, avec une majorité de structures intégrant quatre mécanismes ou plus. De même, les produits présentant un nombre de nœuds supérieur ou égal à deux représentent désormais 80 % de l’échantillon, contre 30 % en 2004. Les scénarios conditionnels se sont également multipliés, avec une prédominance des structures à trois ou quatre scénarios, voire davantage.

Concernant les sous-jacents, leur complexité s’est stabilisée à un niveau moyen, les structures les plus simples ou les plus complexes étant moins représentées qu’auparavant.

Taux d’appel et corrélation avec la complexité

Le taux d’appel, défini comme le rendement annuel maximal potentiel pour l’investisseur en cas de scénario favorable, reste stable autour de 8 % depuis 2004, après une baisse significative entre 2000 et 2004. Une corrélation positive a été établie entre ce taux et la complexité des produits, suggérant que la recherche de rendements élevés influence directement la sophistication des structures proposées.

Noms des produits et attractivité commerciale

Bien que moins déterminant que les caractéristiques techniques, le nom attribué aux produits structurés semble jouer un rôle dans leur attractivité commerciale. Les dénominations mettant en avant la sécurité ou la performance potentielle influencent la perception des investisseurs, notamment dans un contexte de conseil en gestion de patrimoine.

Rentabilité des produits structurés : des résultats contrastés

L’étude de l’AMF souligne que les performances des produits structurés arrivés à échéance sont majoritairement positives, mais sous réserve de plusieurs précautions méthodologiques :

  • Seuls 51 % des produits initiaux ont pu être analysés, en raison de l’indisponibilité des données pour les autres ;
  • Les performances sont calculées hors frais de gestion, de structuration ou de souscription ;
  • Les résultats varient selon qu’ils sont pondérés par le nombre de produits ou par les volumes vendus ;
  • L’inflation doit être prise en compte sur des périodes de huit ans.

Sur cette base, 75 % des produits échus affichent une performance positive corrigée de l’inflation, mais ce ratio tombe à 57 % lorsque l’analyse est pondérée par les volumes commercialisés.

Source : OPADEO

Source : OPADEO

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